

Ils sont treize, ils sont jeunes, beaux et des étoiles plein les yeux. Le collectif artistique Yassemeqk, tout droit venu de la planète Marseille, expose à l’Institut Coréen de Berlin du 28 avril au 3 juin 2012.

Berlin compte environ 3,4 millions d'habitants, dont 440 000 étrangers de 182 nationalités différentes, qui vivent sur une superficie de 892 kilomètres carrés. Parmi eux, quelques individus regroupés sous un pseudonyme mystérieux, Yassemeqk, La Gazette a voulu prendre la température de ce groupe d'artistes dont l'essentiel s'est constitué aux Beaux-Arts de Marseille courant 2011.


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 Le collectif Yassemeqk dans leur atelier au Hertzbergstrasse, 22 à Neukölln
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Quel est l’élément qui vous a poussé à venir vous installer à Berlin ? L’eau, le vent, le feu ? Est-ce une fuite, une ouverture, un désir commun ?
Yassemeqk : C’est bien ces trois choses à la fois. On a fuit Marseille car il n’y avait pas de perspectives pour la majorité de peintres que nous sommes, on en avait épuisé les ressources, fait le tour. Les désillusions de Marseille 2013 (ndlr Capitale Européenne la Culture), on pressentait qu’il n’allait rien se passer d’intéressant. Nous n’avons pas eu non plus d’expo de fin de diplôme, pas de soutient…
Les études se finissaient et un cycle avec, il fallait en entamer un autre. Puis il paraissait que Berlin aimait bien la peinture, on va voir ça. Vivre à Berlin en tant qu’artiste c’est être dans le « move » (rire). Et le fait qu’on parle mal l’allemand nous rend sexy, voire attirant, c’est agréable de ne pas comprendre les bêtises qui s’échangent dans la rue aussi. La vie y est quand même plus accessible en tout cas, un point non négligeable. En fait on voudrait faire le parcours de Schwarzenegger en Californie mais de Marseille à Berlin.
Berlin qu’est-ce que c’était pour vous ? Et qu’est-ce que c’est finalement?
Yassemeqk : Berlin c’était des portes grandes ouvertes, Marseille en plus vivant, une colocation-atelier de 400 m2 comme après la chute du mur… En fait c’est une ville gigantesque que l’on ne connait pas vraiment encore car on en est au tout début. Mais il y a une véritable effervescence. On se confronte aussi au travail d’artiste dans tout son ensemble, sa complexité (démarches, montages d’expo, …)

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 Hadrien Alvarez, untitled 4, 95x65 cm, 2012, Acrylic on paper
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Comment s’est constitué le groupe ? Vous placez-vous sous un oripeau en particulier ?
Yassemeqk : On s’est retrouvé à un moment donné de notre existence et on a pensé que ça pouvait coller. La dynamique de vie commune est née à l’école. Globalement on voulait partir ensemble après les études, même si on hésitait sur la destination. –A Lisbonne il y avait peut être quelque chose qui démarrait alors que Berlin ça finissait- suppose Juliette Déjoué. -Moi j’ai tjrs rêvé d’aller en Ardèche- lâche Nicolas Frémion ironiquement.
On partait en pensant être un groupe Franco-Français (Marseillais) et finalement on se retrouve à valoriser notre identité Franco-Coréenne (ndlr 3 filles d’origine Coréenne font partie de Yassemeqk). Sinyoung reprend des motifs traditionnels Coréens et vient les réinjecter dans une vision plus contemporaine par exemple. Notre groupe c’est avant tout un échange de culture, voire même de culture gastronomique ! Mais nous n’avons pas de revendications particulières dans l’absolu. On est très différent les uns des autres. On ne sert pas une identité nationale, manquerait plus que ça !
Pensez vous qu’une unité artistique soit pertinente (à l’échelle d’un groupe, d’une ville, d’un pays, d’une époque) ? Pourriez-vous sentir une tendance, un courant artistique particulièrement présent à Berlin ?
Yassemeqk : Nous n’avons pas de dénominateur commun. Bien qu’une espèce d’homogénéité se met peu à peu en place, une certaine perméabilité. On est un groupe d’individus avant tout, une sorte de laboratoire humain et artistique… Lors des portes ouvertes de l’atelier, on nous a fait des retours comme quoi les points forts du groupe étaient la variété des travaux présentés, l’exigence qui s’en dégageaient, les propositions très différentes. Nos pratiques sont assez diversifiées pour que le spectateur finisse par y trouver son compte.
Concernant Berlin, il y a un retour à une forme de figuration en peinture qui n’est pas pour nous déplaire. A Kreuzberg ou Neukölln il y a essentiellement de la peinture, de la photo et un peu de vidéo. -Mais pas de sculptures- regrette Elsa Dessarps. Par contre tu peux exposer en étant « dégun » (ndlr : "personne" selon le dialecte Marseillais) !


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 SohyunKim, Le déversement 0419, 100X200, Mixed media, 2012
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 Elsa Benzrihem, Vent (detail), 420x160cm, hand-cut Tyvek, 2011
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Comment envisagez-vous le futur ?
Yassemeqk : Le futur ? Toujours plus beau, plus grand… oui un atelier plus grand ! Et suffisamment d’ouvertures pour ne pas avoir à y penser systématiquement. Agrandir la structure avec un pôle édition, type atelier de sérigraphie notamment… et une salle d’expo aussi. En fait on aspire à l’argent ! Vas-y écrit qu’on fait un fanzine et qu’on le vend à l’atelier ! (rire) Actuellement on a tout juste ce qu’il nous faut, pas plus.
L’association fonctionne plutôt bien depuis 8 mois, tout est géré en commun, nous partageons l’achat de matériel par exemple. On est un collectif au sens large.
Mais l’ennui on ne connait pas ça ici. On bosse tous les jours, on peut sortir quand on veut et on commence tout juste à avoir des opportunités d’expos.

Propos recueillis par Victor Coste

Yassemeqk expose du 28 au avril au 3 juin 2012 à l'institut Coréen de Berlin.
Le vernissage a lieu le 27 avril à 18h, l'occasion de rencontrer les artistes ainsi que leur travail.
Pour s'y rendre :
S1,S2,S25,U2 arrêt Postamer PLatz
Koreanisches Kulturzentrum, Leipziger Platz 3, D-10117 Berlin
Plus d'informations sur les Yassemeqk via le site :
www.yassemeqk.com |
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