
Cette année, Coupe du monde oblige, la Christopher Street Day est repoussée au 22 juillet. Mais des irréductibles font front: Le 24 juin, la Transgenialer CSD aura bien lieu. Partant de Frankfurter Tor, la parade gay, lesbienne, bi, trans et alternative de Kreuzberg-Friedrichshain se terminera sur la Heinrichplatz par un spectacle unique… en son genre.
Dans le civil, ce sont des personnes bien rangées. Lui est responsable du service clientèle d’une société de vente par Internet, elle est consultante en management. Mais le soir, ils se transforment. Une histoire digne d’un film hollywoodien.
Depuis que je m’habille en femme, j’assume enfin ma virilité
La Boum, un rendez vous Francophone, c’est elle. Ainsi que Abba Hallo ! et Pop pourri (www.poppourri.de), le tout au Eingang 28 dans la Christinen Str. à Prenzlauer Berg. Une chose est sûre : Melle Divatlantique aime faire la fête. D’ailleurs elle avoue préférer la grande CSD du Ku’ Damm. « Moi, je m’amuse beaucoup plus là-bas! »
Melle Divatlantique est née à Libourne, entre les vignes et la mer. Elle est arrivée à Berlin en 1998. A l’époque, elle ne voulait rester qu’un an. Son but : mettre un mot sur sa sexualité. Pourtant une femme qui aime les hommes, ça n’a rien d’extraordinaire ? Sauf que Madame Divatlantique est aussi un homme. Pardon, MADEMOISELLE Divatlantique. Elle y tient. «Je ne serai une Madame qu’une fois mariée. D’ailleurs le mot mademoiselle, comme Fraulein, est tellement süß. Dommage que les hommes n'aient pas cette possibilité de changer de statut ! »
A quatre ans, la Diva a commencé la scène… en Schtroumpfette. « Je suis ancien rugbyman, autant jouer sur les particularités de mon corps et sur la dérision. Pourquoi me raser les épaules ? Je suis une Trash queen ! » En attendant, elle est bien décidée à rester à Berlin. Et qui sait, peut-être qu’un jour Melle Divatlantique et Océan feront un show ensemble : un duo pour le moins maritime !
Born in France, made in Germany
Océan est fascinant. Il réussit cette prouesse: être aussi crédible en femme qu’en homme. Sur scène, il passe avec grâce de Madonna à Eminem, puis interprète des morceaux de Zazie ou d’Indochine. Le tout en souriant. Irrésistible.
Océan a grandi dans les montagnes. Rien à voir avec la mer. « Je voulais un nom court et qui puisse se décliner au féminin». Fin 90, il s’installe définitivement à Berlin. D’ailleurs il vient d’acquérir la nationalité allemande. « Pour voter. Et puis comme ça je pourrai mettre mon nom d’artiste sur mon passeport. En France, c’est impossible.»
C’est en 2002, à l’issue du festival Go Drag ! organisé à Tacheles, qu’Océan débute sur scène. A l’époque les femmes qui se produisent en homme étaient rares. Maintenant, Berlin compte une bonne vingtaine de drag kings, dont les fameux Kingz of Berlin. « Le milieu est actif : scènes ouvertes au AHA, Penisnight au Bastard, sans oublier Wigstöckel, LE rendez-vous annuel transgender au SO 36. La visibilité, c’est important. La dichotomie masculin/féminin est si réductrice. Pour nous, c’est risk, stretch, or die !» Océan se produira en juillet au Queer Festival à Copenhague, en août à Hanovre, et à Berlin le 24 juin sur la Heinrich Platz. A ne pas rater !
Pour plus d’infos : www.oceanleroy.biz
Chris Lutti