L’amitié franco-allemande peut parfois être réserver des surprises. Mon village bourguignon étant jumelé avec une riante bourgade de la Rhénanie-Palatinat, les petits cadeaux d’usage lors des échanges entre les deux communes étaient souvent liquides, chacun offrant à l’autre un élixir de sa région.
Les bouteilles de vin blanc du Palatinat que nous recevions régulièrement ne bénéficiaient que d’un succès d’estime plus que relatif et séjournaient ignorées et de plus en plus poussiéreuses dans leur exil bourguignon. Dans les années 70, le vin blanc allemand passait pour un breuvage sirupeux qui ne pouvait être supporté qu’avec une bonne dose d’aspirine, une autre invention allemande dont les bienfaits pour l’humanité sont autrement plus importants.
Au moins avions nous l’auguste avantage de savoir grâce à ce jumelage que l’Allemagne produisait du vin. Pour le Gaulois moyen, hors du Bourgogne et du Bordeaux, point de salut. Quant à nos voisins wisigoths, on ne leur connaît comme breuvage que la bière qu’ils boivent en savourant leur choucroute.
Par germanophilie, mais aussi –soyons honnêtes- parce que cet « emprunt » à la cave paternelle passait inaperçu et était même le bienvenu, il m’est arrivé de ramener tel ou tel cru palatin dans mon nid d’étudiant parisien. Mais une fois l’épaisse couche de poussière enlevée et la bouteille débouchée, le contenu s’est révélé n’être au mieux qu’un sirop acidulé et au pire une vinasse juste bonne à détartrer les canalisations.
Depuis mon installation de ce côté ci du Rhin, j’ai eu le temps de découvrir que le vin allemand ne se limitait pas à ces cadeaux encombrants et vieillots. Si, si, il y a aussi du bon vin en Allemagne. Si vous voulez en savoir plus, ne vous contentez pas de lire votre chronique favorite, mais découvrez notre dossier en pages intérieures.