Ce mois-ci, dans plus de 150 lieux, débute le mois de la photographie. Etablie à Paris depuis 26 ans, la manifestation a récemment pris ses marques dans la capitale allemande ainsi qu`a Vienne, Rome, Bratislava, et Moscou…
Il est 19 heures : sur le perron du Martin Gropius Bau, en prélude au vernissage de « Berühmt » et « Mutations 1 », deux expositions phares du Mois de la Photographie, quelques personnes habillées avec élégance discutent vivement. Les amateurs affluent dans l´immense musée qui accueille en nocturne les curieux, avides de découvrir les œuvres en avant-première.
Sans attendre, la masse s´engouffre dans le labyrinthe de pièces. « Berühmt », être connu, un sujet glamour pour le groupe de jeunes artistes hambourgeois Klubphoto qui, à travers 70 photographies, reprend avec finesse et dérision les clichés de la célébrité.
Entre deux coupes de champagne, les spectateurs se faufilent dans les espaces dédiés à « Mutations 1 ». Le concept : sept villes partenaires et un photographe pour chacune d’elles, avec un concours à la clé. Le gagnant, le Français Philippe Ramette rit aux éclats lorsqu´on lui demande si son œuvre est représentative de la photographie contemporaine. Il rit de concert avec les spectateurs, ahuris devant la vidéo détaillant ses astuces pour réaliser, sans utiliser les outils de la modernité, ses images absurdes et ces paysages verticaux. « Réalisateur de photographie, voilà ce que je suis ! » explique l’artiste. « Je dessine ce qu´il y a dans mon imaginaire, puis le photographe Marc Domage m´aide à trouver les moyens techniques pour le réaliser, et me mettre en scène. »
Philippe Ramette se définit comme un « sculpteur défiant les lois de la gravité ». C’est pourtant lui qui a raflé le prix de photographie… Des photographes qui font appel à un photographe, la pratique fait des émules. Nicolas Moulène, exposé à la Hamburger Bahnhof, en est un autre exemple. Le Mois de la Photographie n´est-il pas là pour déceler l´art dans ses formes les plus innovantes ?
Pour se replonger dans l´histoire de Berlin, un tour à l´Akademie der Künste s´impose. Sybille Bergemann y propose des images singulières et atypiques de la ville de Berlin et des portraits émouvants. A la Berlinische Galerie, ce sont les années folles de la métropole qui sont à l´honneur : Sasha Stone y décrypte le tempo de la capitale dans les années vingt. Pour continuer le voyage dans le temps, des anciennes couvertures de Playboy prises par Helmut Newton sont exposées au Musée de la Photographie. Si le foisonnement d´expositions a de quoi faire tourner les têtes, rassurez-vous, la manifestation s’étale sur plus d’un mois !
Jennifer Semet