Face aux projets du ministre de l’Intérieur allemand, les syndicats policiers font la grimace. Konrad Freiberg, président du GdP (Gewerkschaft der Polizei) :
Que reprochez-vous aux mesures de Wolfgang Schäuble ?
On aurait aimé un débat public. Au lieu de cela, les mesures ont été livrées au compte-goutte, sans concertation. Le fichier d’empreintes, par exemple, est un point que nous refusons catégoriquement parce qu’il va trop loin. Certes, il serait commode de ficher chaque citoyen dès sa naissance, avec prélèvement ADN et système GPS pour savoir où il se trouve en permanence, mais cela ne correspond pas à notre conception de l’humanité, ni du rôle de l’Etat qui n’est pas, selon moi, de surveiller chaque citoyen.
Quelle différence avec la fouille à distance des ordinateurs ?
La police a déjà le droit de confisquer des ordinateurs pour une enquête. La nouveauté, c’est que la fouille s’effectuerait à l’insu de leur propriétaire. Pourquoi pas, mais seulement si cela reste l’exception, sur la base d’un doute concret. Mieux vaut privilégier la surveillance de l’Internet, qui est devenu une plate-forme de communication et d’échange pour les idées radicales.
Vous dénoncez également le manque de moyens de la police…
Les ministres de l’Intérieur qui veulent renforcer la lutte contre le terrorisme sont les mêmes qui réduisent drastiquement nos effectifs ! Avec 7 000 policiers de moins qu’il y a cinq ans, on manque de personnel pour surveiller 24h/24 la centaine de personnes potentiellement liées à des réseaux terroristes. Cesser les suppressions de postes serait un premier pas…