

Les épreuves d’Akos Dobay
Il est des expériences qui ont valeur de test. Les premiers pas d’Akos Dobay à Munich en sont l'exemple «Un ami travaille à l’Office européen des brevets», explique l’intéressé. «J’étais venu lui rendre visite à Munich et j’avais été séduit par la ville. J’ai fait en sorte d’y revenir.» Akos étudie la physique à Lausanne en Suisse, pays qu'il a rejoint à l'âge de 6 ans. En 2005, il obtient de pouvoir réaliser son doctorat dans la capitale bavaroise. «Je me suis donc installé ici avec ma copine. Mais pour elle, ça a tourné court. Elle m’avait rejoint après avoir reçu une proposition d’emploi qui paraissait solide. Au dernier moment, les portes se sont fermées.» Du côté du Suisse, le doctorat ne répond pas à ses attentes. Le couple se retrouve face à lui-même. «Ma copine n’était pas enthousiasmée par Munich», confie-t-il «Elle a voulu repartir.» Elle part. L’Helvète, lui, reste. Fin de leur histoire. Celle avec Munich peut commencer. Deux ans plus tard, Akos Dobay ne regrette pas sa décision. Les difficultés de l’allemand sont derrière lui. «Je ne maîtrisais pas cette langue puisque j’avais été élevé en Suisse romane, explique- t-il. Les premières démarches à Munich, je les avais faites avec mon ami. Aujourd’hui, mon allemand s’est vraiment amélioré.» Akos a trouvé un emploi aussi. Il pratique la biologie cellulaire et moléculaire à l’Université Ludwig Maximilian. «C’est exactement ce que je cherchais. Je voulais quelque chose où je pouvais marier les spécialités. Je ne suis pas biologiste mais pour cette place, ils avaient aussi besoin de quelqu’un qui maîtrisait la physique. J’aime quand les choses ne restent pas uniquement confinées à leur domaine.» Akos Dobay a fait de ce penchant un mode de vie. Lui l’enfant échappé de Hongrie, son pays d’origine, dans les bras de ses parents artistes qui fuyaient le régime communiste. En 1993, avec un ami, il a monté une revue en français, intitulée Arkhaï. «En grec, cela signifie le principe, les fondements. C’est une revue interdisciplinaires, qui héberge de nombreuses formes. Nous sommes quatre à constituer le comité de rédaction et nous partageons tous la même idée : une revue scientifique qui présente des résultats ne sert à rien. En tant que lecteur, on reçoit l’information et on ne peut pas juger de la sincérité de l’auteur. Mais les idées, elles, peuvent être étudiées, critiquées… Or il n’y a quasiment aucune revue scientifique qui présente des idées», explique celui qui a également monté un site internet*.
Sous l’impulsion de son créateur, Arkhaï continue de vivre, de rassembler toujours plus de gens d’horizons différents (artistiques, scientifiques…) et de «faire exploser les discriminations qui cloisonnent les domaines de la pensée», ainsi que l’avait écrit Akos dans le premier numéro. Tous sont bénévoles et beaucoup, à l’image du Suisse, mettent la main à la poche pour permettre le tirage de cette publication. Depuis plus d’une décennie Arkhaï est paru deux fois par an. Sauf en 2005, l’année de l’installation d’Akos Dobay… Même les points de suspension ont leur histoire.
JULIEN BELS
* www.arkhai.com
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parcours intéressant!
par ailleurs Arkhaï est une excellente revue!