C'est dans un français teinté d'accents québécois que Yaotzin Botello tient à s'exprimer, vestige de ses études de journalisme dans la "Belle Province". En juin 2004, il est envoyé à Berlin en tant que correspondant pour le quotidien mexicain Reforma. Il avoue n'avoir "rien ressenti" à l'annonce de sa nomination. Au Mexique, l'Allemagne reste bien souvent perçue comme "le pays de la bière et de la saucisse, peuplé de personnes froides et racistes". Ses proches sont inquiets, ils pensent qu'il pourrait même se faire agresser à n'importe quel coin de rue. L'allemand rudimentaire de son arrivée ne lui permet qu'au bout de longs mois de mener à bien ses interviews. Yaotzin Botello pose aujourd'hui un autre regard sur l'Allemagne. Ses articles portent sur la culture et la musique, mais aussi sur le paysage politique actuel, avec la volonté de mettre en abîme ce qu'il considère comme étant une "démocratie parfaite". Son rôle est d'autant plus important que dans les médias mexicains, la priorité est donnée à l'Espagne, l'Italie, la France et Bruxelles. Il regrette que seuls quelques hommes d'affaires mexicains perçoivent Berlin à sa juste valeur, tel un des principaux moteurs économiques de l'Europe.