

Le devoir de mémoire est chose indispensable dans cette ville chargée d’histoire, seulement, il n’est en aucun cas facile. Faire venir les artistes qui avaient peint la partie Est du Mur de Berlin en 1990 afin qu’ils reproduisent à l’identique leurs œuvres pour l’anniversaire des 20 ans de la chute du Mur de la honte, c’est le projet de la Künstlerinitiative East Side Gallery qui a débuté le 14 Avril. Tout le monde n’est pourtant pas d’accord. Quel est l’avenir du baiser fraternel entre Erich Honecker et Leonid Brejnev ?

L’East Side Gallery est le plus grand morceau de Mur qui n’a pas été détruit dans l’euphorie de la réunification allemande. En effet, s’il est surnommé « Mur de la honte », c’est bien parce que les allemands voulaient plutôt voir disparaître ce qui les avait divisés pendant presque quarante ans que d’en faire une œuvre d’art qu’on choie. Pourtant, ce pan de mur de 1,3 km de long est bien la plus grande galerie d’art à ciel ouvert du monde.
Quelques mois après sa chute, la partie Est du Mur est mise à disposition des artistes… à leur plus grande joie. C’est le temps de la victoire de la liberté sur la dictature. Ainsi, 118 artistes de 24 nationalités différentes sont chargés de décorer le mur par des peintures inspirées de la Guerre Froide. A présent, et ce depuis près de vingt ans, une fresque s’étend donc du pont Oberbaum à la Gare de l’Est. Cependant, la plupart des œuvres sont maintenant fissurées, victimes de graffitis ou tout simplement des intempéries et des pots d’échappement. L’investigateur du projet de restauration est Kani Alavi, président de la Künstlerinitiative fondée en 1996. Ce perse d’origine est arrivé à Berlin en 1980 et a donc vu le Mur tomber. Selon lui, il vient d’un pays où le mur est psychologique et voir la forme physique de cette barrière a donc bouleversé sa vie.

Un assainissement total plutôt qu’une restauration
Le projet de Kani Alavi est de faire revenir les artistes encore vivants afin qu’ils reproduisent à l’identique leurs œuvres sur une surface de quarante mètres. Certaines d’entre elles sont devenues des célébrités mondiales tel que le «Baiser fraternel » du russe Dimitri Vrubel ou encore la transposition des drapeaux allemands, israéliens et palestiniens. L’idée de tout refaire à neuf semble quelque peu extrême. Seulement, comme l’explique Kani Alavi, il était nécessaire de restaurer le Mur en lui-même, c'est-à-dire enlever le reste des peintures avec un jet d’eau de 80 degrés et colmater les irrégularités du béton. De plus, une peinture spéciale « anti-graffitis » recouvre à présent la surface en court de rénovation. Ce projet ambitieux coûte 2,5 millions d’euros et est financé en partie par l’Union Européenne, l’Etat allemand et la Fondation Lotto. Tant l’idée que son coût ne font pourtant pas l’unanimité parmi les artistes. Certains n’ont pas encore accepté de repeindre à l’identique leurs œuvres.

Des peintures qui perdraient leur pertinence
Sur les 118 artistes de 1990, cinq sont morts et 92 ont tout de suite apporté leur soutien au projet. Parmi eux se trouve Rose-Marie Schinzler qui se réjouit « que le Mur soit restauré en tant que mémorial ». Considérer l’East Side Gallery en tant que mémorial, c’est déjà beaucoup quand on pense que le complexe O2-Arena a pu en déplacer une partie afin d’ériger un panneau publicitaire surdimensionné. Certes, les restes du Mur de Berlin sont là pour montrer aux nouvelles générations qui ne connaissent cette époque que par une transmission du savoir de fait de plus en plus indirecte ce qu’il était de l’Allemagne pendant plusieurs décennies. Faut-il dans ce cas reproduire un travail qui avait été fait à chaud au moment même de la réunification ? Pour le russe Dimitri Vrubel, créateur du baiser entre Erich Honecker et Leonid Brejnev, cela signifie recréer l’histoire. Il a donc été question à un moment qu’il peigne un autre baiser symbolique, entre Barack Obama et Vladimir Poutine par exemple. Cependant, il a jugé l’idée trop actuelle et sa peinture n’aurait pas eu la même portée. Ainsi, après plusieurs mois de négociations, Dimitri Vrubel a accepté de repeindre le « Baiser Fraternel ». A présent, seulement deux artistes s’opposent à la rénovation, pour des raisons plus matérialistes.

L’art a-t-il un prix ?
C’était le sujet de bac de philo de l’année dernière ? Non, juste ce à quoi le lecteur peut penser lorsqu’il apprend que deux artistes, Barbara Greul Aschanta et Bodo Sperling, ont monté une « Contre Initiative » car ils estiment de pas être assez payés pour reproduire leurs peintures. En effet, plutôt que d’un salaire, Kani Alavi préfère parler d’une indemnité étant donné que les artistes sont reçoivent 3000 euro chacun. Les deux artistes, et leurs douze cosignataires en demandent 15000. Leur but est de faire valoir un droit d’auteur oublié alors que leurs œuvres sont utilisées depuis vingt ans sur des tasses, cartes postales ou calendriers à l’effigie de Berlin. Les mots sont durs, Barbara Greul Aschanta affirme : « je ne bougerai en aucun cas mes fesses jusqu’au Mur pour 3000 euro ». Rendez-vous le 7 Novembre, date de fin des travaux de rénovation pour savoir ce qu’il en est.
Maud Koetschet
22-03-09
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Bonsoir !
Il ne s ´agit pas de savoir qui a
"peinturé" sur le Mur de Berlin, mais de nous dire : Un tel peintre, de talent, (selon moi) a peint sur le Mur de Berlin.
Le talent, a des chances de
rester. Le reste est de la fumisterie.
Pour ne citer que des peintres francais,Thierry Noir et Christophe
Bouchet ont , selon moi, du talent.
Ils ont, chacun dans un autre genre,
un trait, le sens de la forme et de
la poésie. C ´est énorme.
Votre article est intéressant, mais il
serait bien d ´´elever un peu le débat,-comme on dit.
Je pense que presque tout ce qui a été peint sur le Mur est plutôt médiocre.
Sauf, peut-être, les deux peintres
que j ´ai cités. On peut en discuter.
Cordialement.