A l’occasion des vingt ans de la chute du mur de Berlin, la Gazette est partie sur ses traces, symbole de l’opposition des pouvoirs démocratique et communiste pendant 28 ans. L’aventure commença à la station de S-Bahn Bornholmer Strasse et prit fin à Kreuzberg, quelques coups de pédales après l’East-Side Gallery. Rapport en images des vestiges de ce passé encore présent...
La séparation de Bernauer Strasse, au Nord de Berlin, fut très violente. Voisins, familles, furent du jour au lendemain séparées. C'est ici que se trouve le mémorial du Mur de Berlin
Mais où est passé le mur?
Il reste actuellement très peu de traces du mur de Berlin, autrefois long de 43,1 km. Ce symbole de la guerre froide servait de frontière entre la RFA et la RDA, et coupait 193 rues principales. Ancré dans la vie quotidienne de la population allemande, et à fortiori berlinoise, ce mur était dôté de fossés, pièges, fils barbelés, miradors...de façon à empêcher les habitants de la RDA de regagner le sol démocratique. Du côté Ouest, les forces d'occupation alliées avaient installé des points de contrôle au Checkpoint Bravo (Dreilinden) et au Checkpoint Charlie (Friedrichstrasse). Ils n'avaient cependant aucune influence sur la limitation du trafic des voyageurs.
Le sort de Peter Göring fut celui de bien d'autres: entre 1961 et 1989, plus de 100 000 habitants de la RDA ont essayé de s'enfuir à l'Ouest. Des centaines y trouvèrent la mort.
"Tout est la faute de tout le monde": première victime
Le 23 mai 1962, un écolier de Berlin Est tente de s'évader et de passer la frontière interdite à la nage. Il est repéré par un des postes de frontière de la RDA et est directement abattu. Les policiers de Berlin-Ouest répondent à l'offensive soviétique et font également feu pour dégager la voie au fugtif. Peter Göring est retrouvé mort et devient la première victime de la société liberticide communiste.
Le pont en arrière plan, reliant la bibliothèque aux bureaux parlementaires, est le symbole de la réunification et de l'unité allemande retrouvée.
Ce mémorial fut érigé à la mémoire de toutes les victimes du mur qui ont essayé de traverser la Spree, qui appartenait à Berlin-Est pour recouvrer leur liberté. Le lieu commémoratif des «croix blanches» a été mis en place à la jonction entre l’ancien mur extérieur et la rive de la Spree. Situé au milieu de l'espace politique de la capitale, il marque la volonté de se souvenir.
Le mur en 2009 , source d'inspiration
L'East- Side Gallery est un lieu d'inspiration, un monument de liberté. Les vestiges du mur, ici long d'1,3km, sont les plus imposants de tous. Des artistes y ont exploité un concept: actualiser les vestiges du passé. La galerie est constituée d'environ 106 peintures réalisées par des artistes du monde entier. C'est sûrement par esprit de contestation que les peintres se sont attaqués au côté Est du mur de Berlin: peindre la face Est était jusqu'alors fortement réprimé et les artistes s'y sont donné à coeur joie dès la réunification. L' East- Side Gallery est donc atemporelle, le mur datant de 1961, les oeuvres étant souvent renouvelées. C'est en avril 2009 que Berlin assistait à la rénovation des nouvelles fresques murales.