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Garagiste français à Berlin

imprimer   25.05.2013 
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Brotfabrik

 

Samedi dernier s'est déroulée à Berlin la deuxième édition de la nuit des théâtres et des opéras, « Die 2. lange Nacht der Theater und Opern ». Dans 68 lieux de la ville, on jouait des extraits de spectacles sans interruption de 19h à 1h du matin. 7 routes, avec des lignes de bus spéciales, avaient été tracées pour relier chacune une dizaine d'endroits et permettre d'en parcourir le plus grand nombre dans la soirée. Sur le programme, on avait échangé pour la nuit le plan ordinaire des rues de Berlin contre cette carte de constellations. Un billet unique, acheté par 20 000 personnes, promettait l'accès illimité à toutes les scènes répertoriées. En lisant le détail des représentations et en étudiant le nombre de combinaisons possibles, vous commenciez à penser qu'on vous avait vendu une peau de chagrin pour réveiller une nouvelle fois vos vieux penchants à l'ubiquité. Il fallait se décider pour un itinéraire, s’en tenir à quatre ou cinq étapes pour voir des représentations de trente à quarante minutes, qui tombaient pour la plupart aux heures pleines ou toutes les demi-heures et espérer arriver à temps au lieu suivant. Il y avait plus de chances d'assister à des scènes comme celle qui s'était produite au Komisches Oper. 500 personnes s'étaient précipitées dans la grande salle principale et avaient attendu vainement le groupe de musiciens qui jouait en réalité dans un coin de l'entrée, devant l'assistance de ceux auxquels on avait refusé l'accès à la grande salle et qui pensaient manquer le moment majeur de la soirée. Mieux valait se fier aux contre-temps pour égrener cette nuit.

 

 

 

La route n°4 conduisait au Nord de Prenzlauerberg, faisant une boucle de la Dantzigerstrasse à la Prenzlauerallee et s'arrêtait entre autres au Theater unterm Dach, à la Brotfabrik, au Ballhaus Ost, au Dock 11 et au BAT-Theater. Ces cinq théâtres, choisis presque au hasard, se trouvaient pour certains très à l'écart des rues passantes et avaient tous été construits dans d'anciennes salles de bal ou de vieilles usines datant de la fin du XIXème siècle, dont la rénovation avait conservé l'architecture. L'espace disponible était si vaste qu'on s'y était installé à tous les étages comme dans de grandes maisons particulières qui abritent en même temps un café dans l'arrière-cour, une école de théâtre au premier, un cinéma au deuxième et une salle de spectacles sous les toits. Celui qui avait emprunté cette route pour découvrir les scènes de la ville, allait d’un endroit à un autre et retrouvait dans chacun d’eux ce même esprit berlinois qui veut qu’on soit aussi curieux du spectacle que du centre vivant dans lequel il est joué. Plus la soirée avançait et mieux on appréciait cette exploration des lieux avant les représentations. On avait ensuite juste le temps d'être conduit au fond d'une cour et d'écouter sous une tente le monologue d'un élève du BAT-Theater, de monter par une série d'escaliers jusqu'au dernier étage de la Brotfabrik et de voir l'extrait d'une pièce jouée par une jeune troupe ou de s'installer dans l'immense salle du Dock 11 pour regarder un duo de danse moderne. Mais ces courtes périodes entre les distances parcourues étaient suffisantes pour vous habituer à sentir à mesure ce que ces théâtres avaient à offrir de nouveau et éveiller l'envie de revenir sur vos pas une autre nuit.

 

 

14/04/2010

 

 

Louise Bastard de Crisnay





Le Theater unterm Dach et la salle de danse du Dock 11







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