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Knut, l'ours blanc berlinois mondialement célèbre, est mort prématurément le 19 mars 2011. Entre réelle émotion et business, sa mort est une mauvaise nouvelle pour le zoo de Berlin. De partout, ses fans manifestent leur attachement à leur mascotte. Les conclusions de son autopsie sont attendues prochainement.

 

 

Knut, le célébrissime ours polaire du zoo de Berlin, est mort le samedi 19 mars 2011 à 15h sous les yeux des visiteurs. Selon des témoins, il se serait mis à tourner sur lui même « comme s'il dansait » et se serait soudain effondré dans l'eau de son enclos. Knut n'était âgé que de 4 ans, alors que l'espérance de vie d'un ours polaire peut atteindre la trentaine. Le quotidien populaire Bild listait lundi les causes plausibles de sa mort, évoquant une possible dépression après la mort de son soigneur ou liée au départ de sa compagne l'ourse Giovanna, une crise cardiaque, un AVC, ou encore une crise d'épilepsie. Mais la cause exacte de sa mort reste pour l'instant un mystère: une autopsie a été effectuée lundi 21 mars, les résultats définitifs n'ont pour l'instant pas encore été annoncés. Selon les premiers résultats de l'autopsie livrés par le Bild, Knut serait mort noyé.

 

Devant tant d'agitation médiatique autour de sa mort, on peut se demander ce qui rendait l'animal si spécial. Knut est né le 5 décembre 2006 au zoo de Berlin. Abandonné par sa mère avec son frère jumeau, il fut élevé par le soigneur Thomas Dörflein. Son frère lui, n'a pas survécu. Au tragique destin de l'ourson, rejeté et endeuillé, il faut ajouter la mort subite de son soigneur en 2008. Depuis sa première apparition publique en 2007, il fut au centre de ce que l'on a appelé la « Knutmania ». De fait, la nouvelle de sa mort a été accueillie avec émotion partout dans le monde

 





La « Knutmania »

 

 

Reste que si la disparition prématurée de Knut émeut ses milliers de fans, le zoo de Berlin est sans doute le plus lésé. Knut représentait en effet une grande source de bénéfices: les recettes du zoo ont considérablement augmentées depuis sa première apparition publique. L'administratrice du zoo, Gabriele Thöne, avait indiqué une augmentation de 20% à 30% des entrées avec l' « effet Knut ». Mais la presse avait parlé d'une augmentation de 6 millions d'euros des revenus du zoo pour la seule année 2007-2008 grâce aux entrées supplémentaires mais également aux produits dérivés. Des célébrités internationales, dont Tom Cruise, étaient alors venues le saluer. Concernant les produits dérivés à son effigie, ils vont des traditionnels T-shirts ou mugs aux cartes postales en passant par les bonbons Haribo, les chansons (« Knut est mignon », «Knut le petit ours polaire », « Moi c'est Knut », « Knut est bon », « Voici Knut »), les films et les sonneries de portables. Un blog, mis à jour par un journaliste de la radio Rundfunk Berlin Brandenburg lui est dédié. Il est également le sujet de plusieurs livres et DVD et a fait la couverture de feue la version allemande du magazine glamour américain Vanity fair. Devant un tel succès, le zoo de Berlin avait enregistré Knut en tant que marqué déposée en 2007: de 2000€ , ses actions atteignirent 4820€ une semaine après son introduction en bourse.

 

Knut l'ours blanc était en passe de détrôner le symbole de Berlin, l'ours brun, dont les premières traces remontent à 1280. Le zoo de Berlin avait par ailleurs signé un accord avec la maison d'édition New Yorkaise Turtle Pond luttant contre le réchauffement climatique. L'image de l'ours était utilisée à des fins de sensibilisation à la cause écologique. Selon Gerald Uhlich, membre du conseil d'administration du zoo, Knut pouvait « attirer l'attention sur l'environnement d'une manière sympathique. Pas d'une manière menaçante, grondeuse. ». Quelques temps plus tard, Sigmar Gabriel (SPD), alors ministre de l'environnement, l'avait officiellement adopté comme mascotte d'une conférence sur les espèces menacées et en était devenu le parrain.

 

 

 

Les côtés sombres de l'affaire Knut

 

 

Mais l'histoire de l'ourson blanc n'était pas toute rose: il fut à l'origine d'un contentieux juridique entre le zoo de Berlin et le jardin zoologique de Neumünster (Schleswig-Holstein). Son père, Lars, avait été prêté par le jardin zoologique de Neumünster au zoo de Berlin. Il avait été convenu que son premier enfant, Knut, revenait au jardin zoologique. En tant que propriétaire de Knut, le jardin zoologique revendiquait une partie des revenus engrangés par le zoo de Berlin, mais celui-ci a toujours refusé la publication des recettes concernées. Après un arrêt du tribunal régional de Berlin de mai 2007, il fut convenu que Knut resterait à Berlin contre la somme de 430 000 Euro. Le zoo de Berlin en devenait ainsi propriétaire. Selon les spécialistes, le prix habituel d'un ours polaire « normal » tournerait autour de 350 000 Euro. Pour certains, cette décision n'était pas justifiée, les bénéfices du zoo ayant été bien supérieurs à cette somme depuis le début du phénomène Knut.

 

La décision de l'élever avait en 2007 déclenché une autre polémique: celle du respect des lois régissant la protection des animaux: ainsi pour Wolfram Graf-Rudolf, président du zoo d'Aix-la-Chapelle, on aurait dû « avoir le courage de le laisser mourir » après que sa mère l'ai rejeté plutôt que de lui faire subir l'humiliation d'être traité comme un animal domestique.





Des réactions bouleversées

 

 

Le maire de Berlin, le social-démocrate Klaus Wowereit a jugé cette mort «bouleversante». «Il avait conquis notre cœur. Il était la star du zoo de Berlin», a-t-il déclaré au journal berlinois «BZ». Quand au candidat CDU à la mairie Frank Henkel, il affirme que « sa mort surprenante [l']attriste. Nous, les Berlinois, l'avons aimé ». Sur la toile, les réactions ont été immédiates et très largement diffusées par les réseaux sociaux: Knut faisait partie des sujets les plus commentés sur Twitter et sa page Facebook* était inondée de messages d'adieu. Aux USA, le New York Post titrait « l'ours orphelin est mort » tandis qu'on pouvait lire sur le portail d'information autrichien oe24.at « l'ours polaire culte est mort ». De nombreux journaux relataient ainsi sa disparition dans le monde, comme lemonde.fr, le Daily Mail ou le très sérieux Süddeutsche Zeitung . Au zoo de Berlin, des milliers de fans se sont déplacés lundi 21 mars pour lui rendre hommage, déposant messages, fleurs et présents. Le site internet du zoo, qui a ouvert un livre de condoléances, était submergé de messages: « Je suis assise devant mon ordinateur et je pleure » pouvait on y lire de la part d'une internaute. Le zoo de Berlin a lancé un appel aux dons pour financer un mémorial. D'après le président de l'association des Amis du zoo, "Avec un monument, il y aura quelque chose qui reste pour les futures générations et qui permettra de conserver le caractère unique de cette personnalité animale". Mais à l'heure où les associations caritatives appellent aux dons en soutien au peuple japonais, l'initiative du zoo de Berlin peut paraître décalée.

 

Reste que cette mort aura sans doute été accueillie avec soulagement par au moins une personne: le chirurgien orthopédique de Ratisbonne en Bavière, Knut Bär (littéralement « Knut Ours ») dont le nom fut à n'en pas douter la cible de nombreuses plaisanteries.

 

 

22.03.2011

Julia Druelle

 

 

*http://www.facebook.com/econcierge.fan/posts/10150109239941780#!/pages/Knut/35164325048








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