« Paris et le désert français ». Cette expression bien connue des démographes s'applique bien au secteur de l'audiovisuel, hyper concentré en Ile-de-France. Cette situation n'a rien de surprenant pour qui connaît la tradition centralisatrice de la France. On serait donc tenté de croire que l‘Allemagne, pays par essence décentralisé, connaît une situation différente. Cela est historiquement exact, mais Berlin affûte ses armes pour attirer les groupes de médias.
La répartition géographique des diverses chaînes de télévision allemandes varie en fait en fonction des grands groupes qui composent cette industrie florissante. RTL Group, leader européen de la télévision (34 chaînes dont M6, RTL, Channel 5...) et propriété du géant mondial des médias Bertelsmann, a développé en Allemagne une stratégie fondée sur l'exploitation de toutes les synergies possibles dans un groupe de cette taille. On retrouve une forte concentration de ses filiales autour du siège historique de Bertelsmann en Rhénanie du Nord, notamment à Cologne et Düsseldorf.
Seules entorses à la règle, les chaînes RTL2 et N-TV. La première est basée dans la région de Munich, même si la rédaction de l‘information demeure à Cologne, et la seconde, N-TV, a son siège à Berlin. Pourtant, en 2004, la Rhénanie a rappelé N-TV à Cologne et seules les émissions politiques et les débats ont encore lieu dans la capitale.
Autre groupe, autre logique. ProSieben- Sat.1, dont le siège se trouve dans la banlieue munichoise subit, elle, l’attraction de la capitale allemande. Sat.1. a déménagé de Mayence vers Berlin en 1999, et la chaîne d‘information continue N24 a quitté en 2001 la capitale bavaroise pour la même destination.
Pourtant, ProSieben demeure toujours à proximité de Munich bien que de nombreux programmes de la chaîne soient produits hors de Bavière, à l'image des populaires émissions de l‘humoriste Stefan Raab (Cologne).
De même, la télévision publique ARDDas Erste, une fédération de neuf télévisons locales, n’est pas non plus regroupée autour de son siège central dans les locaux de la Bayericher Rundfunk à Munich ou de son émetteur central à Francfort- sur-le-Main. Les chaînes locales bénéficient d‘une relative autonomie. Das Erste dispose d‘une rédaction centrale de l'information et des questions politiques à Berlin, à deux pas du Bundestag. La ZDF, établie à Mayence, dispose également de rédactions dans toutes les capitales régionales.
S’installer à Berlin obéit souvent à des impératifs économiques: rapprocher les rédactions des lieux de prise de décision politique permet de réaliser d’importantes économies d’échelles. La chaîne musicale MTV, qui, après Hambourg et Munich a posé ses caméras sur les rives de la Spree et de leur riche scène culturelle va dans le même sens. Même chose pour sa «concurrente» VIVA (Les deux réseaux appartiennent désormais au groupe américain VIACOM), qui a quitté Cologne pour Berlin en 2003.
Les chaînes qui rejoignent la capitale ont donc surtout des thématiques culturelles ou politiques, les deux seuls domaines où Berlin s'impose véritablement. Malgré les efforts consentis par celle-ci pour attirer l'industrie télévisuelle, l'Allemagne garde et gardera une organisation multipolaire de ses chaînes de télévision.
Mehdi Jadoual
Voir aussi :
>> L'industrie de la glace ne fond pas
>> Télévision à la carte
>> En Bref
resultats entre 1 et 1 de 1
je voulaissavoir si jadoual mehdi et bien mon frere c iman sa soeur ona le emem age 23ans il vit en france