Joschka Fischer et Jacques Delors. Deux C.V. impressionnants. Le premier a occupé le siège de ministre des Affaires étrangères allemand, le second, celui de Président de la Commission européenne. Ces deux spécialistes de la politique européenne se sont rencontrés le 23 juin dernier à l'ambassade de France à Berlin, dans le cadre de l'ouverture d'un cycle de débats autour de la Présidence française de l'Union Européenne.
Au cœur de la discussion, évidemment, le « non » irlandais au Traité de Lisbonne. Un vote motivé, selon M. Delors plus par « des raisons domestiques » que par une volonté de stopper l'intégration européenne de l'Irlande. Pour M. Fischer, « les gens n'ont pas compris que les pays européens doivent s'unir pour peser sur la scène internationale actuelle ». Mais le fondateur des Verts allemands ne jette pas la pierre aux Irlandais. « Il ne faut pas se leurrer, si on avait eu des référendums ailleurs, on aurait eu le même résultat ». ( poursuit-il. )
Alors comment sortir de l'impasse institutionnelle ? « Il faut juste accepter qu'à un moment certains pays aillent plus loin que d'autres », préconise Jacques Delors. « Pourquoi ne pas créer une avant-garde politique ? » s'interroge le socialiste: en clair, que les pays qui veulent du Traité de Lisbonne le ratifient, « et que lorsque les autres verront que ça peut les faire avancer, ils viendront ». ( conclut Jacques Delors. )