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 Le dernier numéro de BerlinBlock
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Après seulement quatre numéros, le mensuel culturel berlinois stoppe sa publication. Capitaux insuffisants, crise du marché des annonceurs… Bref, un climat morose qui aura eu raison du « magazine que la ville attendait »*.
« Nous n’avons pas eu de chance ; nous avions confiance, mais ça n’a pas marché. » Tels sont les mots de Heike Gläser et Michael Pöppl aux collaborateurs de BerlinBlock. Pourtant, ce n’est ni la motivation ni l’enthousiasme qui manquaient aux créateurs du magazine. Lancé en août dernier, ce « block » de 130 pages devait sortir des sentiers battus en terme de mensuel culturel et ainsi attaquer le duopole de Tip et Zitty** en attirant un lectorat plus adulte.
Le pari était en effet de proposer non pas une liste d’événements et de dates, mais un contenu plus complet et sérieux, avec des entretiens et des sujets de société, le tout destiné en priorité aux 30-40 ans. En parallèle, un site en ligne et un moteur de recherche regroupant plus de 1500 activités culturelles dans la capitale, ainsi que des recommandations de la rédaction. En clair, un concept hybride dans l’air du temps offrant une complémentarité entre les supports.

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 Michael Pöppl, co-fondateur de BerlinBlock
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L’échec malgré un bon accueil
Un concept qui a semble-t-il été victime à la fois de sa nouveauté et du marché. « Le succès de BerlinBlock était en constante progression, mais tout de même insuffisant par rapport aux investissements des annonceurs. De plus, le capital ne suffirait pas à couvrir de nouveaux frais. » explique Michael Pöppl dans son communiqué. Malgré un bon accueil auprès du public, la conjoncture actuelle n’a donc pas laissé le temps au magazine de s’installer. Ce risque, les deux fondateurs, ex-journalistes de Zitty, en avaient parfaitement conscience au moment du lancement. Après avoir fait part de leur projet, certains proches les avaient d’ailleurs qualifiés soit de « courageux », soit de « complètement fous ».
Mais à l’heure de se dire au revoir, Heike Gläser et Michael Pöppl ne regrettent certainement pas cette belle aventure. BerlinBlock était LEUR « bébé » : tous deux ont fait mûrir le projet, lors de déjeuners communs alors qu’ils étaient employés chez Zitty, ils ont créé une équipe et investi leurs propres deniers dans le capital… Après tout, « rien ne se passe si l’on n’ose pas » avait dit Pöppl.
Est-ce un mauvais hasard si le dernier numéro avait pour thème « Glück » (« chance ») ? Quoi qu’il en soit, même si BerlinBlock s’arrête, à ses créateurs et collaborateurs nous souhaitons « viel Glück » pour la suite !
* « Das Magazin, auf das die Stadt gewartet hat » (« Le magazine que la ville attendait ») est le slogan de BerlinBlock.
** Zitty un des deux principaux Stadtmagazin, magazines urbains, qui paraît comme son concurrent direct Tip tout les 15 jours, les parutions de l’un et de l’autre étant enchâssées. Ces deux magazines au delà de quelques pages de rédactionnel sont essentiellement composés d’un programme culturel très fourni. Zitty appartient au groupe Holtzbrink.
Site du magazine : http://www.berlinblock.de/
Le dernier numéro de BerlinBlock est encore disponible en kiosques jusqu’au 30 janvier 2010.
Elodie Fersing
13.01.2010