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La télévision turque a filmé l'opération israélienne à l'aube du 31 mai 2010, dans les eaux internationales au large de Gaza. Ici un soldat israélien vise le convoi humanitaire pro-palestinien.



Le raid israëlien sur la flotte pro-palestinienne envenime des relations compliquées et étroites. Onze Allemands, dont deux parlementaires, se trouvaient parmi les 680 passagers de la flottille prise d'assaut par la marine israélienne. Cette opération, qui a causé la mort de 8 militants turcs et d'un Américain (d'origine turque)et fait plus de 48 blessés dont un Allemand, provoque un tollé mondial. L'Allemagne qui a toujours entretenu des relations particulières avec Israël déplore cet incident et réclame une enquête "impartiale".




A bord d'un des bateaux durant l'assaut

 

Lundi 31 mai, à l'aube, dans les eaux internationales au large de Gaza, la marine israélienne a donné l'assaut au Mavi Marmara, le navire turc de la flottille pro-palestinienne chargée de 10 000 tonnes d'aide humanitaire. Bilan: 9 civils morts, 45 militants hospitalisés, 7 soldats israéliens blessés, et une communauté internationale abasourdie. Le Conseil de sécurité des Nations Unies a réclamé une enquête pour connaître les véritables circonstances, ainsi que la libération des navires et des détenus (relâchés mercredi 2 juin). La « flottille de la liberté » composée de 6 bateaux transportait près de 700 militants (la moitié étant turcs) venus de 42 pays en soutien à la population gazaouie subissant le blocus israélien depuis juin 2007.

 

 

Parmi les volontaires, se trouvaient 11 Allemands. L'un d'eux est blessé, cinq ont été libérés mercredi 2 juin, et cinq autres sont revenus mardi 1er juin à Berlin : Matthias Jochheim, président adjoint de l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW), Nader El Sakka, président de la communauté palestinienne de Hambourg, et trois membres du groupe d'action pro-palestinienne Die palästinensiche Gemeinde Deutschland (PGD, "La communauté palestinienne d'Allemagne"). Ces derniers, Annette Groth et Inge Höger, députées de Die Linke au parlement fédéral et Norman Paech, 72 ans, ancien député du même parti se sont exprimés dès leur retour sur le territoire allemand. « C'était une attaque sur une mission pacifique dans les eaux internationales. Les Israéliens peuvent vouloir défendre leur zone militaire, mais nous étions en dehors de ces limites, a expliqué ce dernier à son arrivée. Ce n'était pas un acte de légitime défense. Mais un crime de guerre. » Avant de partir, ils avaient exposé le but de l'opération : réveiller l'opinion publique au sujet du blocus subi par Gaza. «Nous espérions augmenter la sécurité du convoi humanitaire par notre présence, en jouant sur notre statut de parlementaires », a ajouté Inge Höger. « Nous nous attendions bien sûr à des contrôles », ont-ils précisé.


Des relations germano-israéliennes singulières



Tenue à Berlin le 18 janvier 2010 du premier conseil des ministres commun Israël-Allemagne

Le porte-parole du gouvernement allemand Ulrich Wilhelm a tout de suite déploré les pertes humaines et déclaré que l'intervention meurtrière israélienne était pour lui, "à première vue disproportionnée". Une critique rare, pour un pays qui reste le plus souvent discret à propos du conflit israélo-palestinien. "Les gouvernements allemands ont toujours reconnu le droit d'Israël à se défendre, mais ce doit être dans le cadre d'une réponse proportionnelle, a-t-il ajouté. Il semble que cela ne soit pas le cas."

 

 

Depuis la création de l'État hébreux en 1948, les relations germano-israéliennes sont inévitablement empreintes de leur héritage historique et politique. En 1973, Willy Brandt, premier chancelier allemand à se rendre officiellement en Israël, les qualifiait de « relations normales à caractère spécial ». Ce à quoi avaient répondu plusieurs députés israéliens qu'elles ne seraient jamais « normales ».

 

 

Ces rapports délicats sont bien sûr liés à la Shoah. Après la guerre, en 1952, la signature de l'accord de réparations entre les deux pays, engageait la République fédérale allemande (RFA) à verser à Israël une somme annuelle de 3 milliards de deutsche mark (soit 1,5 milliards d'euros) jusqu’en 1965 pour les pertes matérielles pendant la guerre. Par la suite, l'Etat allemand réunifié a multiplié les coopérations économiques, scientifiques, diplomatiques et militaires avec Israël. Le 18 mars 2008, pour les 60 ans de la création d'Israël, Angela Merkel avait déclaré lors de son discours symbolique à la Knesset (le parlement israélien) entamé en hébreu: «Nous autres, Allemands, la Shoah nous emplit de honte », avant de conclure sans ambiguïté :  «L'Allemagne n'abandonnera jamais Israël et demeurera son partenaire et réel ami. »


Un engagement envers Israël et pour le peuple palestinien



Angela Merkel au mémorial de la Shoah en Israël (yad Vashem) en 2006

La chancelière a rappelé, à plusieurs reprises ces dernières années, le lien indéfectible entre Israël et l’Allemagne :  «Toute atteinte à la sécurité d'Israël équivaut à une atteinte à la sécurité de l'Allemagne». Les deux pays organisent régulièrement des manœuvres communes en Méditerranée. L’Allemagne assure depuis 2006 la composante marine de la Finul* au large du Liban pour contrer les importations illégales d'armes, sécurisant d’une certaine manière les frontières nord de l’état hébreux. La réciproque existe également. Début 2010, le porte-parole du ministère de la défense allemand a annoncé la formation, en Israël, d'une vingtaine de pilotes de l'armée allemande, concernant l'utilisation du drone Heron 1 (aéronef sans pilote humain) de fabrication israélienne, qui devrait être employé par la Bundeswehr en Afghanistan. Plus symbolique, le 18 janvier dernier s'est tenu à Berlin le premier conseil des ministres commun entre Israël et l'Allemagne. Les deux pays au-delà de leur condamnation commune des velléités nucléaires iraniennes ont alors pu afficher une coopération large ne se limitant pas aux questions de sécurité.

 

 

Les experts israéliens en politique étrangère considèrent généralement l’Allemagne comme leur allié le plus sûr en Europe. Pour Isabel Schäfer et Dorothée Schmid, chercheuses au Centre d’études politiques sur le Moyen-Orient de la Freie Universität de Berlin** : « Ce soutien politique obligé fonctionne par défaut : l’Allemagne insiste toujours sur la nécessité d’assurer la sécurité d’Israël, sans pour autant encourager des prises de position offensives ».

 

 

L'engagement pour le peuple palestinien est pourtant bien présent en Allemagne, mais plus discret. « La conscience allemande affronte dans la région une double responsabilité historique : la création d’Israël, conséquence de la Seconde Guerre Mondiale, est également la cause indirecte du malheur palestinien, estiment Isabel Schäfer et Dorothée Schmid. L’implication en faveur de la construction d’un État palestinien indépendant est ainsi vue par certains responsables allemands comme l’aboutissement de l’effort de rachat post-Holocauste. »


Le gouvernement allemand réclame une enquête « approfondie et impartiale »

Ironie du sort, le raid israélien sur la flottille pro-palestinienne intervient le jour même de la démission du président allemand Horst Köhler, censé représenter l'État allemand sur la scène internationale. Malgré le contexte diplomatique délicat, le ministre des affaires étrangères Guido Westerwelle (FDP) s'est montré « profondément préoccupé ». Il a demandé une enquête « approfondie et impartiale » pour éclaircir la situation et a chargé l'ambassade allemande de Tel Aviv de s'assurer du rapatriement des 6 autres Allemands. Le président du parti de gauche Die Linke, Gregor Gysi, quant à lui, espère forcir le débat : « J'attends du président fédéral, du président du Bundestag (parlement allemand, ndlr) et de la chancelière qu'ils s'engagent immédiatement auprès du gouvernement israélien pour la fin de la violence envers les équipes des bateaux, (…)  pour la création d'une commission internationale d'investigation destinée à la clarification sur la fin du blocus illégal de la bande de Gaza.»

 

Jeanne La Prairie 02/06/2010

 

Israël fête ses 60 ans

 

* La Finul est la Force Intérimaire des Nations Unis au Liban, de composition internationale.<//strong>

** <//strong>Publication de Isabel Schäfer et Dorothée Schmid www.cairn.info/resume.php





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Citoyen Philippe /// Montag, 21-06-10 22:58

Un soldat allemand tua 35 personnes innocentes en Afghanistan ! Le Parlement allemand s'en fut il emu ? Bien sur que non !
Les Turcs tues etaient des terroristes: nous en avons la preuve !
Peut on dire des lors que certains Parmlementaires sont des complices ? Bien sur que oui !

Mon opinoion personnlle: je me mefie du Peuple Allemand tant pour la France que pour Israel !
Et beaucoup de Francasi aussi !

 

Citoyen Philippe /// Mittwoch, 16-06-10 19:38

Le bateau turc est parti d'un port de Turquie sous les acclamations d'une foule scandant "Mort aux Juifs ! Mort a Israel "
pour ammarrer dans la partie occupee de Chypre illegalement par cette meme Turquie. Cette video fut diffusee par une chaine allemande.
Les Parlementaires allemands presents sur ce bateau ne sont ils pas des complices ? Et comment peut on qualifier las applaudissements d'une partie du Parlement allemand quand ces memes Parlementaires prirent la Parole: cette methode rappelle, helas, l'Art de la propagande de Goebbels !
La Turquie a des visees imperialistes sur le Proche Orient en voulant recreer son Empire Colonial.
Elle a commencee a Chypre en y envoyant des colons d'Anatolie
Et ses ambitions ne s'arreteront pas la !
le Sud de la Mediterrannee se trouvera tot ou tard menacee par cet expansionnisme !

 
 

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