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Le nouveau maire et ministre-président de Hambourg Olaf Schloz (SPD) a qualifié ce résultat « d'impressionnant ».

1,3 million de votants se sont rendus dans les bureaux de vote à Hambourg ce dimanche 22 février et le résultat des élections municipales est tombé, la victoire écrasante du candidat Olaf Scholz (SPD) avec 48,3% des voix est incontestable. Une majorité absolue qui lui permet de pouvoir diriger ce bastion traditionnel de la gauche sans avoir à former d'alliance.




Hambourg est l'une des trois grandes villes allemandes (avec Brème et Berlin) qui a le statut de « ville-état ». Son maire est donc également le chef du parlement local, c'est-à-dire le ministre-président

Avec cette élection municipale, Hambourg inaugure la super-année électorale 2011*. En tout sept Länder vont cette année élire un nouveau parlement local pour leur province. A Hambourg il s'agissait de la première coalition « noire-verte » dans l'histoire des Länder. Christoph Ahlhaus (CDU), alors ministre-président de Hambourg, a du se plier à de nouvelles élections plus tôt que prévu**.

 

Après la rupture de l'alliance noire-verte (fin novembre 2010) au niveau du Land, un grand changement était attendu dans la ville hanséatique. Effectivement cela s'est confirmé, une victoire décrite comme impressionnante et bien plus écrasante que l'on ne l'imaginait a été annoncée pour le SPD en fin de journée dimanche 20 février 2011. La CDU réalise son score le plus bas depuis la fin de la guerre, et perd ici un Land qu'elle avait conquis en 2001. Le candidat heureux de ces élections, Olaf Scholz, se réjouit de cette victoire et est conscient de la grande responsabilité que cela implique. « Il s'agit à présent, dit-il, de mettre au plus vite en pratique nos promesses électorales. Beaucoup de gens nous ont fait confiance, nous nous devons donc d'agir en conséquence ».

Avec un tel score le SPD peut gouverner sans avoir à lier une coalition.

Cela ne plaît naturellement pas aux Verts, qui s'estiment déçus par ces résultats, bien qu'ils réalisent un score de plus de 11,2% des voix : une progression donc, par rapport à 2008 où ils n'avaient reçu que 9,6% des voix. Leur candidate à Hambourg, Anja Hajduk, a déclaré "trouver cela dommage pour la ville de Hambourg".




Résultats chiffrés de cette élection (février 2011) et analyse rapide des différences avec 2008

 

CDU : 21,9% (42,6% en 2008)

Il s'agit ici du plus mauvais chiffre de la CDU depuis 1946, d'une défaite catastrophique pour le parti conservateur.

 

SPD : 48,3% (34,1% en 2008)

En revanche la victoire est impressionnante pour la gauche sociale-démocratique allemande.

 

FDP : 6,6% (4,8% en 2008)

Cela représente une progression pour le parti libéral. Sa candidate Katja Suding s'est réjouie de cette avancée.

 

Die Linke : 6,2% (6,4% en 2008)

Le parti de gauche reste stable à Hambourg. Ils se définissent ici comme le parti d'opposition.

 

Die Grüne : 11,2% (9,6% en 2008)

Les Verts font partie des déçus de cette élection. Le score est plus bas que ce que les sondages avaient estimé. Le SPD peut gouverner sans avoir besoin de mettre en place une coalition avec eux.

 




''Ce succès a un nom : celui d'Olaf Schloz'' (propos de Sigmar Gabriel, à gauche sur l'image)

« Un fiasco pour la CDU » rapporte le Bild

 

Sigmar Gabriel, chef du SPD déclare qu'il s'agit d'un « résultat historique, et pas seulement pour nous mais aussi pour les autres », ce qui n'a pas manqué de faire rire l'assemblée de militants rassemblés pour célébrer cette victoire de la gauche. Kurt Beck (SPD) ministre-président de Rhénanie-Palatinat, a lui félicité Olaf Schloz et le "succès de la démocratie sociale à Hambourg", tout en espérant une même réussite le 27 mars.

Côté FDP, la candidate Katja Suding a affiché un sourire ravi en découvrant le résultat des élections. Malgré un score relativement bas (6,6%) le parti libéral voit ici une confirmation de l'échec "noir-vert", et ne manque pas de rappeler qu'il est l'allié naturel de la CDU.

Angela Merkel reconnaît « une défaite dramatiquement difficile », a rappelé la déception des Hambourgeois suite à la démission du charismatique Ole von Beust en juillet dernier. La chancelière a souligné le fait que le retrait des Verts en novembre 2010 avait aggravé la situation pour la droite à Hambourg. Elle a critiqué le parti des Verts en le qualifiant de « parti de ceux qui sont contre » (Dagegen-Partei). Cela montre, selon elle, une fois de plus que « le travail au niveau d'un Land avec ce parti est difficile, et qu'au niveau fédéral ça relève de la chimère ».

Un propos qui fait référence à l'éventualité d'une telle coalition en Bade-Wurtemberg, où les élections locales sont prévues pour le 27 mars et laisse présager une victoire pour les Verts menés par le professeur de chimie et catholique Winfried Kretschmann. Les Verts rêvent de l'élection d’un ministre-président écolo, ce qui serait une première dans l’histoire de l’Allemagne. La Chancelière considère cette élection comme un référendum sur le contesté projet « Stuttgart 21 ».





La chancelière allemande a eu du mal à cacher sa déception lors de son discours le 21.02.2011

Le camp CDU/CSU en mauvais ordre de bataille

Déjà lors du départ d'Ole von Beust, en juillet 2010, la chancelière perdait l'un de ses barons. L'an passé une série de démissions d'hommes clefs de la CDU ont pu affaiblir la position de Mme Merkel : en Thuringe l'ancien ministre-président Dieter Althaus annonce son retrait de la politique pour se lancer dans le secteur privé, et suite à un revers électoral en septembre. Puis le ministre-président du Bade-Wurtemberg Günther Öttinger démissionne pour devenir commissaire européen. Par la suite les ministres-présidents Roland Koch (Hesse) et Jürgen Rüttgers (NRW) quittent la politique à la fin de l'été. Sans oublier Christian Wulff qui abandonne son poste de ministre-président de Basse-Saxe pour remplacer Horst Kölher en tant que président fédéral de la République d'Allemagne.

Cette défaite de la CDU dimanche 20 février à Hambourg est donc un coup dur supplémentaire pour le parti conservateur, surtout après la défaite de Jürgen Rüttgers juillet 2010 à la tête du Landtag de Rhénanie-du-Nord-Westphalie au profit du SPD. Ces pertes se révèlent dommageables au niveau fédéral puisque la coalition actuelle noire-jaune d'Angela Merkel perd les six voix dont disposait la Rhénanie-du-Nord-Westphalie au Bundesrat*** ainsi que les 3 voix du Land de Hambourg. La CDU s'éloigne encore un peu plus de la majorité absolue au Bundesrat.

Les défaites électorales au niveau des Länder se succédant, et l'affaire de plagiat accusant le ministre de la Défense KT zu Guttenberg (CSU) prenant de l'ampleur au niveau fédéral, tout cela n'est pas de bonne augure pour la droite allemande vis-à-vis de la super-année électorale qu'est 2011 en Allemagne.

 

 

Aliénor M. Carrière

23.02.2011




Echec de la coalition noire-verte à Hambourg fin novembre 2010. De nombreux désaccords entre Christa Goetsch (die Grünen, à gauche) et Christoph Ahlhaus (CDU, à droite sur l'image).
Photo : taz.de

* Pour connaître les enjeux de cette "super-année-électorale 2011", lisez notre article en cliquant sur le lien suivant : lagazettedeberlin.de/6484.html

 

** Historique récent de la politique à Hambourg : Pourquoi de nouvelles élections en ce mois de février 2011 ?

 

- Le 18 juillet 2010 Christoph Ahlhaus a été désigné comme premier maire de la ville pour succéder à Ole von Beust, démissionnaire ce même jour pour raisons personnelles.

 

- 19 août, Ahlhaus participe à la réunion avec des écologistes et déclare avoir la chance de poursuivre la coalition noire-verte. → Malgré cela beaucoup de critiques des écologistes, sceptiques vis-à-vis de ce sénateur, jugé très conservateur.

 

- 25 août, il est élu premier maire de Hambourg avec 70 voix contre 50.

 

- Trois mois plus tard : le 28 novembre les Verts annoncent leur retrait de la coalition au pouvoir en réclamant de nouvelles élections. C'est donc la fin de la première coalition CDU-Die Grüne. Christoph Alhlaus regrette « la fuite des responsabilités » des écologistes et dénonce une éventuelle manœuvre politique. En attendant de nouvelles élections la CDU était donc en minorité au parlement fédéral.

 

- 20 février 2011 : Élections locales anticipées où la CDU s'effondre à 21,9% des voix soit 20 points de moins qu'en 2008.

 

Pour plus d'informations sur ces rebondissements politiques à Hambourg : www.lagazettedeberlin.de/6322.html

 

 

*** Chambre haute dont les membres sont désignés par l'exécutif des Länder










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