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 Les manifestantes ont donné la preuve par l'exemple qu'il y a plein de façons de paraître "salope" (photo : La Gazette / Coralie Jacquier)
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Le 13 août, le phénomène des « Slutwalks » a fait son entrée en fanfare dans 5 villes allemandes. Ici aussi, les « salopes » ont fait le choix de battre le pavé pour afficher leur rejet d’une société qu’elles jugent trop machiste et où les agressions sexuelles sont parfois banalisées. Reportage photo dans la manifestation berlinoise.

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 "Mon choix de jupe, n'a rien à voir avec toi!" (photo : La Gazette / Coralie Jacquier)
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« Ma mini-jupe ne veut pas dire oui »! »
« Les femmes devraient éviter de s’habiller comme des salopes, si elles ne veulent pas être violées». Voici la déclaration qui a mis le feu aux poudres il y à quelques mois à Toronto. Le brillant policier (Michael Sanguinetti) qui s'est fendu de cette mémorable réflexion réagissait au viol d’une étudiante de l’Université de York (Canada). Choquée par si peu de tact, une poignée d’étudiantes décident alors d’organiser une manifestation en réaction à ces propos blessants. Alors que les jeunes filles ne pensaient rassembler que quelques amies, c'est plus de 3000 personnes qui répondent à l’appel le 3 avril 2011 : le mouvement des « Slutwalks » est né. L’idée de départ est simple : se réapproprier le terme « salope », lui ôter sa connotation péjorative, en faire un attribut de la féminité. Nomen est omen? ou plutôt le contraire? Un peu à la manière des poète de "la Négritude" qui se sont réattribués le terme "nègre" ou des militants homosexuels des années 70 revendiquant le mot "pédé", l'entreprise bien que ardue peut sembler pertinente.
« Nous sommes des salopes et nous sommes fières de l’être » scandent les sympathisantes de l’initiative. Petit à petit le mouvement prend de l’ampleur, souhaitant généraliser une protestation contre une certaine dégradation rampante dans les rapports entre sexes. Selon les tenantes de cette prise de conscience, un certain manque de discernement s’installe dans la perception des agressions sexuelles, la frontière entre victime et agresseur se floute. Ces toutes jeunes « salopes » sont déterminées à rappeler que leur choix vestimentaires ne constituent en rien une excuse aux violeurs. Elles souhaitent rappeler à l'opinion que ces agresseurs ne sont pas systématiquement des psychopathes atteints de graves troubles psychologiques mais également trop souvent des individus lambda se laissant parfois aller à franchir des limites de irréparable.
Ainsi pour Katharina Schulze (responsable des Verts de Munich) qui soutient la manifestation : "La marche des salopes envoie un message clair contre la tendance à attribuer aux victimes de violences sexuelles une certaine co-culpabilité en lien avec des comportements ou des façons de s'habiller. En cas de viols ou d'autres agressions sexuelles, la culpabilité est toujours et uniquement du côté de l'auteur des faits".

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 "Toutes Salopes!" (photo : La Gazette / Coralie Jacquier)
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L’Allemagne rejoint le mouvement international des « salopes »
Depuis le premier succès canadien, plus d’une vingtaine de manifestations ont réunis des « salopes » un peu partout sur la planète. Boston, Paris, Stanford, Brisbane, Melbourne, Montréal, Los Angeles ou encore New Delhi, on assiste depuis quelques mois à une vraie mondialisation de la « salope ». Ce week-end, ce sont les Allemandes qui affirmaient leur rattachement au mouvement en descendant dans la rue. À l’occasion le quotidien « Berliner Zeitung » revenait sur ce terme de « salope » dans le vocabulaire allemand. Dès 1899, le Dictionnaire allemand (le DWB des frère Grimm qui a fait longtemps référence) inscrit dans ses pages ce terme de « Schlampe », autrement dit « Salope ». Alors qu’il désignait à l’origine une jupe ample peu raffinée, le mot s’imprègne rapidement d’une conotation bien plus grossière. Les « Schlampe » ce sont ces femmes dont l’apparence, mais également les comportements sexuels, divergent des modèles dominants et conservateurs de bienséance. Puisque le sexe est sale, les femmes qui ne savent contenir leurs désirs sexuels sont renvoyées dans la catégorie « Schlampe ». Le lexicographe ne faisait là que transcrire l'esprit sexiste d'une époque qui ne l'était pas moins.
En bonne communicante Anna Wizorek, porte parole de "la Marche des salopes" de Berlin s'explique à propos du nom provoquant de l'initiative : "si nous avions intitulé l’évènement "manif pour le droit des femmes" nous n'aurions pas attiré l'attention de la même manière!".
À Berlin, Dortmund, Francfort, Hambourg et Munich, les Allemandes accompagnées de compagnons de route solidaires, ont donc revendiqué samedi dernier, leur droit à être des « Schlampe ». Sur les panneaux des manifestants, au milieu des bas résilles ou des top-less, on lisait les désormais traditionnels « Non, ça veut dire Non! », « Ne nous dites pas comment nous habiller, dite aux violeurs de ne pas violer! », « Mon corps m’appartient !». Derrière leurs tenues provocantes, au delà des codes vestimentaires, on l'a compris, c'est bien d’une manière générale, un droit à l’autodétermination sexuelle qui est avancé, l'affirmation d'une liberté . En définitive, les « salopes germaniques » étaient, elles-aussi, présentes pour rappeler à nos sociétés de ne pas s’endormir sur les acquis parfois mal digérés d'une libération sexuelle et d'une émancipation féminine à parachever.
Coralie JACQUIER
le 15/08/11

Retour en images sur la manifestation de Berlin
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il y a une nuance en allemand (avec le mot "Schlampe"qui n'existe pas avec le francais "salope".
Un type peut être "schlampiger" mais bon le sens change un peu...