# #
Garagiste français à Berlin

   19.06.2013 
N°. 38Accueil / EmpfangDie Gazette Politique 2013Economie 2013Société 2013Culture 2013Lieux 2013Musique 2013Evènements 2013Médias-Com 2013Sport 2013Photo de la semaineVos commentairesBlogsNos conseils BlogsSur nos blogs...Créez votre blog!L'équipeLa Gazette a 6 ans ! Qui sommes nous?Wer sind wir ?Who are we ?KTO мы ?Fixeur à Berlin ServicesL'Allemagne en françaisLaisser une annonceInfolettre & RSSPetites AnnoncesPublicité / WerbungAnnonceursLiens / LinksContactImpressumArchivesNos archivesChronique historique











Suite à un pari pardu avec Michael Preetz, Campino, chanteur des Toten Hosen et fan inconditionnel du Fortuna Düsseldorf porte ici le maillot du Hertha Berlin. (photo: herthabsc.de)

Le Relegationsspiel* opposera cette saison le Hertha Berlin, qui a réussi à écarter miraculeusement le spectre de la relégation directe en 2. Bundesliga, au Fortuna Düsseldorf des mythiques Toten Hosen. Décryptage des forces en présence avec Ali Farhat, Monsieur Bundesliga au magazine So Foot.




Mauvaise pioche pour le Hertha? (photo: Fuzzypeg)

La roue de Fortune

 

La roue de Fortune est la dixième carte du Tarot de Marseille. En cartomancie, elle signifie que la situation n’est pas stable, que celui qui est en haut perdra et que celui qui est en bas gagnera. Ça, c’est pour la cartomancie.


Car pour ce qui est du football, les statistiques contredisent les cartes : «Depuis que le Relegationspiel a été réinstauré, un seul club de 2.Bundesliga a réussi à défaire le 16e de 1.Bundesliga. C’était d’ailleurs la même année que le retour des barrages, en 2009. Le FC Nürnberg a infligé une rouste à l’Energie Cottbus (5-0 sur l’ensemble des deux rencontres). Depuis, ni le FC Augsburg contre ce même FC Nürnberg en 2010, ni le VFL Bochum face aux voisins du Borussia Mönchengladbach en 2011 n’ont réussi à bousculer la hiérarchie » confie Ali Farhat.




Emmené par le virevoltant Marco Reus, le Borussia Mönchengladbach est passé en un an du Relegationsspiel au tour préliminaire de la Ligue des Champions. (photo: Olaf)

Ce flirt avec la relégation agirait même comme un coup de fouet pour les clubs moribonds, comme l'explique Ali Farhat: «Les clubs de 1. Bundesliga bénéficient souvent d’un effet d’électrochoc. Nürnberg et le Borussia M’Gladbach ont tous les deux réalisé une superbe saison après s’être sauvés lors des matchs de barrage". L’exemple de Mönchengladbach est en effet édifiant, 16e l’an passé, ils viennent difficilement à bout du VFL Bochum lors des barrages. Cette saison, l’autre Borussia a longtemps été en course pour le titre final avant de craquer et de terminer à la quatrième place, synonyme de qualification pour le tour préliminaire de la Ligue des Champions. De quoi rassurer le Hertha Berlin et son entraîneur, le désormais légendaire Otto Rehagel ? Pas vraiment, tant le parcours de la capitale fédérale a ressemblé ces derniers mois à un long chemin de croix.


La stratégie de l’échec

 

Le Hertha Berliner Sport-Club e. V., puisque c’est là son nom officiel, est le grand club historique de Berlin-Ouest. Le Hertha est au début des années 1990 jusqu’à la saison 2009-2010 ce que l’on pourrait appeler « un bon club de Bundesliga ». Le club alterne le bon, avec plusieurs qualifications européennes, et le moins bon, avec des saisons terminées bien au chaud dans le ventre mou du classement. Un club qui ne fait pas de vague, et qui, à part l’exception notable de la saison 2008-2009 où il a longtemps fait partie des candidats au titre, ne fait pas partie des ténors du championnat. Bref, le Hertha se contente d’être là. Pourtant, une saison seulement après avoir tutoyé les sommets du championnat, le club retrouve la deuxième division qu’il avait quittée 13 ans plus tôt en finissant bon dernier du championnat.




A l'issue de sa première saison sur le banc du Hertha, Markus Babbel ramènera le club berlinois parmi l'élite. (photo: chris grabert)

Le passage au purgatoire ne dure pas. Emmené par le tout jeune retraité Markus Babbel, l’ancien joueur du Bayern Munich et de la Nationalmannschaft (avec qui il a terminé champion d’Europe en 1996), le Hertha retrouve l’élite au terme d’une saison quasi parfaite. Emmenés par une attaque de feu composée de l’international colombien Adrian Ramos, du très prometteur Pierre-Michel Lasogga et du brésilien Raffael, les berlinois terminent champions de 2.Bundesliga avec 9 points d’avance sur leurs poursuivants.


C’est donc sur cette lancée que le Hertha Berlin aborde la saison 2011-2012. «Le club avait fait un recrutement intéressant à l’intersaison en signant de bons joueurs, qui n’étaient certes pas des titulaires indiscutables dans leur ancien club, mais qui avaient de l’expérience et qui étaient surtout très revanchards, à l’image du gardien Thomas Kraft, d’Andreas Ottl (ex Bayern München) ou encore du turc Tunay Torun (ex Hamburg SV)» explique Ali Farhat. Pas de quoi jouer le titre, mais de quoi envisager un maintien serein. A l’approche de la mi-saison, le club est tranquillement installé dans le ventre mou. C’est là que les choses se gâtent et que les Berlinois se tirent une balle dans le pied.




Ancien joueur du Fortuna Düsseldorf et du Hertha Berlin, Michael Preetz, actuel directeur sportif du club berlinois, a fini par avoir la peau de Markus Babbel. (photo:Steindy)

L’entraîneur Markus Babbel et le directeur sportif Michael Preetz, qui semblaient jusqu’à là s’entendre comme larrons en foire, s’embrouillent pour une histoire de prolongation de contrat. Preetz veut hâter la signature de Babbel, mais ce dernier veut prendre son temps et envisager toutes les possibilités d’autant qu’il jouit désormais d’une réputation honnête et qu’il aimerait bien entraîneur un club plus côté.

Les discussions tournent au clash des egos, et c’est finalement le président du club Werner Gegenbauer qui a le dernier mot en sacrifiant Markus Babbel au profit de son directeur sportif. Nous sommes le 18 décembre 2011 et le Hertha est onzième. Le reste de la saison ne sera qu’une longue dégringolade pour le club de la capitale.

Appelé pour remplacer Babbel, Michael Skibbe quitte alors le club turc d’Eskişehirspor Kulübü pour venir au chevet du Hertha. Mais la greffe ne prend pas: «Markus Babbel était très populaire au niveau du vestiaire, les joueurs le soutenaient. Son départ leurs a porté un gros coup au moral» confie Ali Farhat. Cinq revers plus tard, Skibbe est remercié le 12 février 2012. Die alte Dame est alors 15e et flirte dangereusement avec la zone de relégation.


« Rehagel est un faiseur de miracle »

 

Rien ne semble pouvoir enrayer la sinistrose du côté berlinois. Il faudrait un miracle pour endiguer la spirale négative. Le board berlinois le comprend et décide donc d’appeler à la rescousse un magicien, Otto Rehagel . A 73 ans, l’homme n’est plus tout jeune mais son palmarès parle pour lui : «Otto Rehagel, c’est certes l’homme qui a emmené la Grèce en victoire de l’Euro 2004, mais c’est aussi l’entraîneur qui a réussi à être champion d’Allemagne avec une équipe promue, c’était en 1998 avec le FC Kaiserlautern. Rehagel est un véritable faiseur de miracle, le type d’entraîneur parfait pour une mission commando».




Depuis sa victoire inespérée de la Grèce à l'Euro 2004, Rehagel est surnommé "le Roi Otto" par les Hellènes.(photo: Abentauer Morane)

Mais le mal est profond du côté du Hertha, et l’effet Rehagel se fait cruellement attendre. Berlin collectionne les défaites, dont quelques fessées administrées par Augsburg (3-0), le Bayern (6-0 à l’Olimpiastadion) et Schalke 04 (4-0).

A l’aurée de la dernière journée, les hommes de Rehagel sont 17e avec 28 points, tandis que le FC Köln est 16e avec 30 points. Le calcul est simple, ils doivent absolument s’imposer contre Hoffenheim en espérant que dans le même temps Cologne ne batte pas le Bayern. Pour ajouter à la tension, l’entraîneur d’Hoffenheim n’est autre que… Markus Babbel, bien décidé à ne pas lâcher le match même si son nouveau club n’a plus grand-chose à jouer lors de cette dernière journée.

Le « scénario d’un mauvais film» dixit Babbel est donc en place.

 

Bref, il faudrait donc un semi-miracle pour que les Berlinois se sauvent. Alors effet Rehagel ou sursaut d’orgueil de la part des joueurs du Hertha ? Peu importe, ce qui compte c’est que ce semi-miracle va arriver. Grâce à un doublé de Anis Ben Hatira, les berlinois se sauvent, bien aidés il est vrai par l’expulsion stupide du néerlandais Ryan Babel. Pour l’anecdote, Raffael inscrira le 3e but du Hertha dans les arrêts de jeu, quelques minutes après que Compper ait sauvé l’honneur pour Hoffenheim.

 

Le Hertha Berlin tient sa victoire et se sauve provisoirement de la relégation, car dans le même temps Cologne prend l’eau face au Bayern de Munich en s’inclinant à domicile 4 buts à 1.


Bug de l’an 2000

 

Dans le coin rouge du ring, le Fortuna Düsseldorf, un autre miraculé. Le club connaît en effet ses plus belles saisons dans les années 1970, terminant notamment deux saisons consécutives à la 3e place (en 73 et 74). Mais face à l’approche inexorable du troisième millénaire, le Fortuna va progressivement sombrer au classement et devenir à partir de la saison 1987-1988 une Farsthulmannschaft, c’est-à-dire une équipe coincée dans l’ascenseur entre 1. et 2. Bundesliga. A force de tirer sur l’élastique, celui-ci fini par casser et l’équipe de Düssledorf est reléguée en Regionalliga (3e échelon national) à l’issue de la saison 1998-1999. Le pire est hélas encore à venir pour les rouges et blancs, qui, loin de remonter vers l’élite, vont s’enfoncer un peu plus dans les bas-fonds du football allemand.

 

L’abime est atteint en 2002, au terme d’un championnat qui envoie le club en Oberliga (4e division allemande). Aux déconvenues sportives s’ajoute la déconfiture financière, le club est alors tout simplement menacé de disparition. Là encore, un deus ex machina va pointer le bout de son nez.

 

Les supporteurs du club se mobilisent, et parmi eux, les célèbres Toten Hosen emmenés par leur leader Campino, natif de Düsseldorf et grand fan du Fortuna. Le groupe du Punk Rock multiplie les actions de soutien, devenant même pendant deux saisons sponsor maillot de l’équipe. La remontée vers les sommets peut alors commencer.




Avec son toit rétractable et sa capacité de 54.000 places, l'ESPRIT Arena doit son nom à la célèbre marque de prêt-à-porter allemande sont le siège se situe près de Düsseldorf. (photo: Alexander Kaiser)

Spirale positive

 

Les initiatives prises par les supporters bousculent les habitudes du club et provoquent un changement de direction. Le club fait donc peau neuve, à commencer par son stade. Exit le Rheinstadion et wilkommen l’ESPRIT Arena : «C’est une véritable arène multifonction, avec un stade de foot de plus 54.000 places (NDLR : soit plus que le Parc des Princes de Paris), ce qui est énorme pour un club qui évolue au deuxième échelon national. Mais l’arène accueille aussi des combats de boxe, notamment ceux du champion du monde germano-ukrainien Wladimir Klitschko, ou encore la célèbre soirée Trance Sensation White, où tous les participants sont habillés en blanc et qui regroupe les DJ les plus en vue de la planète »détaille Ali Farhat.

 

Désormais dans une spirale positive, le club retrouve progressivement la Regionalliga (en 2004) et la 2. Bundesliga (en 2009). Depuis trois saisons, le Fortuna tutoie le haut du classement et se verrait bien retrouver l’élite comme au temps de sa superbe : «Le Fortuna a réalisé une superbe saison. Ils sont restés invaincus jusqu’à la 19e journée (défaite à domicile 2-3 face à Paderborn). Sans avoir de grands noms, l’équipe constitue un ensemble solide, avec notamment Maximilian Beister (ex Hamburg SV) au milieu, le jeune germano-polonais Adam Matuschyk qui possède un gros potentiel et surtout avec le vétéran Sascha Rösler (34 ans) en attaque, qui a bouclé sa saison avec 13 buts et 8 passes décisives. Pour moi, ils sont clairement sur une spirale positive» analyse Ali Farhat.


Une pièce sur le Fortuna

 

Voilà pour la pesée d’avant-match. Ali Farhat se risque même à un petit pronostic: «Si je devais miser une piécette, je choisirais le Fortuna. J’ai la sensation qu’ils ont plus envie de monter que le Hertha n’a envie de se maintenir. Depuis quelques saisons, Düsseldorf montre de belles choses, ils ont déjà loupé la montée de très peu il y a deux ans. Les joueurs du Hertha sont en phase ascendante, ils donnent l’impression d’avoir envie de finir cette saison calvaire au plus vite". Miser sur la grosse côte de l’outsider, un bon moyen de faire fortune ?




Auteur de 13 buts cette saison, Sascha Rösler (ici avec le maillot de Munich 1860) sera l'un des hommes à suivre lors de cette double confrontation. (photo:Ampfinger)

Julien Heitz

10.05.2012

 

*Relegationsspiel: réinstauré depuis la saison 2008-2009, il consiste en un match aller-retour entre le 16e de la 1.Bundesliga et le 3e de 2.Bundesliga avec pour enjeu une place parmi l'élite.


Relegationsspiel 2011-2012

 

 

Hertha Berlin - Fortuna Düsseldorf,

Jeudi 10 mai à 20h30, Olympistadion de Berlin.

 

Fortuna Düsseldorf - Hertha Berlin

Mardi 15 mai à 20h30, ESPRIT Arena de Düsseldorf.

 








La Gazette sur les réseaux sociaux : "déjà plus de 7500 "j'aime" qui suivent l'actu de La Gazette sur Facebook et plus de 2200 sur Twitter" "déjà plus de 7500 "j'aime" qui suivent l'actu de La Gazette sur Facebook et plus de 2200 sur Twitter"

Google
Web La Gazette
Blogs Facebook

Garagiste français à Berlin


Prix d'honneur Louise Weiss du journalisme européen.




Jean-Patrick REVEL, avocat bilingue franco-allemand.
Rechtsanwalt – Fachanwalt f. Familienrecht
Beer, Gastl & Partner
Schloßstraße 17
13467 Berlin
Tel. +49 (0)30 810 335 620
www.ra-revel.de

Faites votre pub ici!

Auberges de Jeunesse à Berlin



KOCH KARIMI
Cabinet d’avocats franco-allemand
(Berlin – Paris)
Rechtsanwälte, in Deutschland und Frankreich zugelassen

MEDIATIS
Faire un crédit pour financer ses études à l'étranger

JOBISJOB
Toutes les offres d’emploi à Berlin et partout en Europe





LEO - Dictionnaire