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Garagiste français à Berlin

   18.06.2013 
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Le Parti Pirate des deux côtés du Rhin
Photo: I.Robin


C’est Isabelle Robin qui portera la voix du Parti Pirate aux législatives. Avec la création récente de 11 circonscriptions électorales, les Français de l’étranger éliront en juin prochain, pour la première fois, leurs députés directement à l’Assemblée Nationale.


La Gazette : Pourriez-vous revenir sur votre parcours et les motivations qui vous ont poussé à vous présenter ?

Je viens de Saint-Nazaire au sud de la Bretagne. Je suis institutrice depuis 30 ans. C’est un métier que j’ai toujours voulu faire. Dès le début, j’ai été à la recherche de méthodes qui donnaient du sens aux apprentissages des enfants. J’ai rencontré des praticiens de la Pédagogie Institutionnelle qui ont partagé librement leurs outils et leurs savoirs.

Je vis entre la France et l’Allemagne car j’aime ces deux pays. Mes liens avec l’Allemagne sont des liens d’amitié et des liens culturels. Avec mon compagnon allemand, nous vivons dans une petite ville près de Wiesbaden. Je suis admirative de la créativité allemande, du fonctionnement de sa démocratie qui a permis l’essor du parti pirate (crédité de 13 % de voix, selon les derniers sondages) et qui permet de renouveler régulièrement le paysage politique.

Mon entrée dans le monde politique actif est récente. Face aux défis et aux enjeux du 21e siècle, je suis étonnée de la pauvreté des propositions politiques. Les idées du parti pirate, leur envie de réinvestir le débat politique, leur utilisation démocratique de l’Internet pour permettre à l’ensemble de la société de former une communauté consciente et responsable m’ont intéressée. De plus, le récent score du Front National met les français de l’étranger dans l’embarras : ne sommes-nous pas en effet des étrangers dans les pays qui nous accueillent ?

 


La Gazette : Sur quels points comptez-vous axer votre campagne ?



Isabelle Robin avec son suppléant, Julien Hué
Photo: I.Robin

Par définition, un député des français de l’étranger a les mêmes missions qu’un député élu en métropole. C’est d’abord un élu national qui représente les électeurs d’une circonscription. La 7e circonscription s’étend sur 16 pays et regroupe un peu plus de 138 000 électeurs. Atteindre autant d’électeurs n’est pas possible avec les anciens moyens. Je ne vais pas installer un bureau, coûteux et mondain. Je vais investir dans une infrastructure du 21e siècle. Je vais utiliser le fabuleux outil Internet pour une communication démocratique. Ma priorité sera de mettre en place un « bureau Internet » pour les citoyens français qui vivent à l’étranger. Chacun aura la possibilité de contacter sa représentante. Cette méthode est déjà utilisée avec succès par le parti pirate. Ma mission, en tant que députée, sera de recenser et récapituler les besoins de tous les français de l’étranger, d’en débattre avec eux, d’interroger des spécialistes des différentes questions (avec un retour vers les électeurs de la 7e circonscription). Et finalement j’apporterai les propositions à l’Assemblée nationale.

Les Français de l’étranger vivent dans une autre culture et dans un autre environnement économique et social. Ils ont du recul sur la situation actuelle de la France et peuvent enrichir le débat politique par des expériences et des idées originales.

D’autres points importants de mon programme sont liés au développement des nouvelles technologies qui est en train de changer le monde. Les responsables politiques ne font pas évoluer la législation. Elle est chaque jour moins adaptée aux nouveaux usages. Des questions importantes se posent :

➢ Qui a le droit de sauvegarder nos données personnelles ?

➢ Qui ne rêve pas de profiter du savoir et de la culture du monde (sans être criminalisé pour les copies non commerciales, comme c’est le cas pour l’instant avec la loi Hadopi. Loi qui a été votée en urgence). Il faut trouver un système respectueux des auteurs et des citoyens.

➢ Pourquoi ralentissons-nous le développement scientifique, sociale, économique, culturel de notre société ? Le parti pirate veut une réforme des brevets. Le parti pirate n’est pas contre les brevets, mais le système actuel n’est pas bon, voire honteux -brevets pharmaceutiques-.

Les questions d’environnement sont aussi au centre de ma campagne. Des énergies propres, sures et renouvelables sont réalisables. Elles vont générer de nouveaux emplois. La sortie de nucléaire est possible sans dommages pour l’économie. L’Allemagne en est la preuve.

Quelques propositions concrètes pour les Français de l’étranger.

 

➢ En tant que français à l’étranger en Europe, nous connaissons bien le problème de l’accès aux communications numériques. De vraies frontières nationales existent encore. Par exemple, je ne comprends pas pourquoi téléphoner de Paris à Marseille (700 km) est moins cher que de téléphoner de Strasbourg à Kehl (7km). Chaque français qui voyage en Europe en fait l’expérience. Le parti pirate portera la question des monopoles des entreprises de télécommunication devant l’assemblée nationale. Ensemble avec les pirates européens, nous développerons un modèle qui garantira un accès libre, illimité à un prix raisonnable pour chacun dans toute l’Europe.

 

➢ En tant qu’enseignante, je suis bien sûr sensible aux questions d’éducation. L’éducation est le bien le plus précieux de notre société. Elle est à la base de la réussite sociale et économique. L’état français en est responsable. Chaque enfant doit pouvoir bénéficier d’une école laïque et gratuite, même à l’étranger. Le réseau des écoles françaises doit répondre à la demande toujours croissante.

 

Les opportunités et les risques du numérique doivent être partie intégrante de l’apprentissage. Le parti pirate veut développer une vraie politique informatique dans les écoles et dans la société. Personne ne doit être exclu : chacun, quel que soit son âge, doit avoir l’opportunité d’apprendre et d’utiliser les technologies de l’information et de la communication.

 

➢ Consulat virtuel

Du fait des distances aux ambassades et consulats, la communication avec les services de l’état est parfois difficile. Les moyens numériques permettent de faire la plupart des démarches de chez soi. Le parti pirate veut s’engager à développer un modèle de consulat virtuel.

 


La Gazette :Que représente aujourd’hui la « piraterie » ?

D’abord d’où vient ce mot de pirates ? Le mot pirate vient du grec pierao qui pourrait se traduire par essayer, tenter sa chance à l’aventure et du latin pirata qui signifie qui est entreprenant.

Aujourd’hui, le mot pirate nous fait penser aux pirates des Caraïbes : la liberté, la mer, le vent, des personnages drôles, des gens qui partagent ce qu’ils ont gagné, des gens qui combattent l’aristocratie. Un peu méchants, un peu des Robins des bois sur la mer.

Notre combat ? Vouloir partager le savoir, la culture, en dehors de tout contexte commercial. Permettre à chacun d’être partie prenante des décisions politiques.

La piraterie c’est un combat contre le protectionnisme et pour l’ouverture de la « bibliothèque d’Alexandrie », pour son partage. Un système de partage qui rémunère les auteurs et qui permette aux citoyens de profiter de la culture, du savoir, doit être trouvé.

Les systèmes politiques et économiques actuels sont dépassés par la révolution numérique. Il faut oser une nouvelle forme de démocratie. C’est cette nouvelle aventure humaine que le Parti Pirate propose.




Photo: Parti Pirate

La Gazette :Le Parti Pirate fait une percée en Allemagne et occupe de plus en plus de place dans le paysage médiatique. Pensez-vous parvenir à créer une dynamique similaire auprès des Français ?

Le mouvement pirate est un mouvement international. Il montre que les besoins des gens dans ce monde changeant nécessitent de nouvelles réponses. La France ne va pas rester dans le passé. Nous, les Français, voulons évoluer avec ce nouveau présent. C’est la première fois que le parti pirate présente nationalement autant de candidats (102 en France métropolitaine, 4 à l’étranger). Le système électoral français bloque en partie l’émergence des petits partis. Le vote à la majorité protège les grands partis. Les Allemands votent à la proportionnelle, ce qui a permis l’élection de plusieurs députés pirates dans les assemblées. Le vote à la proportionnelle permet une représentation des différents groupements.

 

En tous les cas, depuis le départ de la campagne législative, les adhésions au parti pirate en France ont doublé. C’est un signe. Les gens cherchent une nouvelle forme de culture politique. On le voit avec le mouvement de contestation contre Wall Street, le mouvement des indignés, les mouvements du printemps arabe, le mouvement international des partis pirates. Tous ces mouvements montrent que les gens veulent une nouvelle forme de démocratie. Ils veulent participer aux décisions politiques. Le modèle de la « démocratie liquide » a déjà fait ses preuves. Oui, le parti pirate est une vraie alternative. Il va devenir une vraie force politique en France et dans toute l’Europe.


La Gazette : Dans l’hypothèse où vous ne seriez pas présent au second tour, pour qui appelleriez-vous à voter ?

Posez-vous la question à tous les candidats ? Que disent les candidats du PS et de l’UMP ? Suggèrent-ils de voter au deuxième tour pour le parti pirate ?

Les grands partis n’ont pas mobilisé les 60% d’électeurs qui se sont abstenus aux présidentielles. Les citoyens cherchent une alternative aux professionnels de la politique, une vraie possibilité de participer au débat politique, même durant les 5 années du mandat législatif. Les pirates garantissent cette possibilité. Nous ne sommes ni de droite, ni de gauche, ni du centre. Nous sommes en avant.

Les électeurs du parti pirate sont majeurs et libres.


Propos recueillis par Yann Samain

Le 18/05/12

 

Pour en savoir plus

 

Pour accéder au site d'Isabelle Robin, cliquez ici








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