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Garagiste français à Berlin

   18.06.2013 
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Pour la troisième fois, Londres accueille les Jeux olympiques. (Photo: Montage Gazette de Berlin)


Le 27 juillet a débuté le plus gros événement sportif du monde. Après 1908 et 1948, Londres accueille pour la troisième fois les Jeux olympiques d’été jusqu’au 12 août. L'Allemagne est évidemment présente, cependant avec la plus petite délégation depuis la réunification. L’occasion de revenir sur l’Allemagne et l’olympisme.


La cérémonie a été olympienne ! Les cloches du Royaume-Uni ont tinté à l'unisson pour célébrer l’ouverture des fameux Jeux olympiques. La reine Elizabeth a ouvert les Jeux et le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon a porté la flamme dans la dernière étape du relais. «C’est un honneur pour le secrétaire général, qui a une grande foi dans le sport comme instrument de paix et de développement» indique un porte-parole de Jacques Rogge, président du CIO (Comité international olympique).

 

Cette année, les athlètes vont s'affronter dans 26 catégories différentes afin de remporter au moins une des 302 médailles d’or. On compte 332 athlètes français et 392 sportifs allemands dans 23 sports. Pour l’Allemagne, c’est la plus petite délégation depuis la réunification. En comparaison à Beijing en 2008, 439 sportifs avaient participé aux Jeux dont 9 équipes pour les sports collectifs. Cette année, seulement 3 équipes ont été qualifiées, ce qui explique probablement le faible nombre de particpants.

 

A quelques jours de l’ouverture, les directeurs de l’équipe olympique allemande, Thomas Bach, président de la Fédération allemande des sports olympiques et Michael Vesper, directeur général de la Fédération sportive olympique allemande, ont montré leur ravissement lors d’une conférence de presse à Londres : « Mon enthousiasme est gigantesque quand je vois ce qu’a fait Londres et le comité d’organisation pour ces Jeux et comment les athlètes sont tout autant excités. J’en ai la chair de poule», déclare Thomas Bach.

 


Les Jeux olympiques allemands : toute une histoire



Jesse Owens sur la première place du podium, a remporté 4 médailles d'or pour la délégation américaine. Hitler de dégout, a quitté les tribunes plus tôt, afin de ne pas féliciter l'athlète.

Cependant, les Jeux olympiques ne se sont pas toujours déroulés dans une bonne entente. En Allemagne, des événements troublants ont dû vraisemblablement changer la frénésie des Jeux olympiques.

 

En 1916, les Jeux olympiques devaient se dérouler dans la capitale allemande, mais le début de la 1ère Guerre mondiale annula l’événement sportif. Suite à la défaite allemande en 1918, l’Allemagne a été bannie des Jeux olympiques de 1920 et de 1924.

 

Le 1er août 1936, les sports d’été se déroulaient à Berlin. Les 4 066 athlètes de 49 nations différentes défilaient devant le chancelier Hitler en faisant le salut nazi à la place du traditionnel salut olympique. L’Allemagne comptait alors la plus grande délégation avec ses 348 membres. Véritable outil de propagande, ces Jeux olympiques ont été diffusés pour la première fois sur plusieurs télévisions, servant ainsi à promouvoir Hitler et son parti. Pendant la durée des épreuves, le régime nazi a tenté de camoufler la violence de l’idéologie nazie. Nombres de panneaux antisémites furent provisoirement enlevés. L’idée était de montrer une Allemagne pacifiste et tolérante durant toute la période des Jeux.

C’est à cette époque que le premier relais de la flamme olympique a eu lieu, une idée de Carl Diem, soutenue par Joseph Goebbels. Cette flamme symbolisait également la mise en place du Troisième Reich. (Cf.encadré)

 

Durant les Jeux, la « perle noire » Jesse Owens a changé la vision de la théorie de la supériorité nazie. Il a remporté 4 médailles d’or et l’afro-américain s'est montré bon ami avec l’athlète allemand Luz Long. Au Grand Dam d’Hitler, les deux sportifs ont traversé le terrain bras dessus, bras dessous en saluant les spectateurs.

 




En 1972, lors des Jeux Olympiques, 8 terroristes palestiniens prennent 11 athlètes israéliens en otage. Un massacre encré dans l'histoire des Jeux olympiques.
(Photo: Trepelu)

Les Jeux de 1940 et de 1944 ont eux aussi été annulé durant la 2nd Guerre mondiale. Et en 1948, les deux forces de l’Axe, l’Allemagne et le Japon, ne sont pas conviées à l’Olympiade londonienne.

 

Trente-six ans après les Jeux de 1936, le 5 septembre 1972, le « Massacre de Munich » aurait bien pu annuler les Jeux olympiques d’été. 8 terroristes palestiniens ont mis fin brusquement à la trêve olympique. Les « Schwarzer September » (« Septembre Noir »), une faction de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) prennent en otage 9 athlètes de l’équipe israélienne après en avoir tué deux et réclament la libération de leurs compatriotes palestiniens emprisonnés en Israël ainsi que la libération de deux membres du groupe RAF (Rote Armee Fraktion), Andreas Baader et Ulrike Meinhof. Cette année-ci, l’Allemagne voulait être particulièrement paisible, ouverte au monde et prouver qu'elle avait chassé le racisme et la haine.

 

Une erreur policière qui a coûté la vie à 11 membres de la délégation israélienne et à un policier. Le gouvernement fédéral et le gouvernement bavarois ont longtemps tenu secret les erreurs commises par les autorités allemandes lors de ces événements. La légendaire phrase « The Games must go on » a été prononcée après cette brève mais choquante interruption.

 

Le président du CIO, Jacques Rogge a refusé une minute de silence durant l’ouverture des Jeux à Londres pour commémorer le « Massacre de Munich ». Il a déclaré « nous allons déjà commémorer ce jour avec le comité national olympique d’Israël le 6 août à Londres. De plus, le 5 septembre, jour d’anniversaire de l’attentat, une cérémonie aura lieu à l'aéoroport militaire de Fürstenfeldbruck». Le ministre des Affaires étrangères allemand, Guido Westerwelle n’est pas du même avis. Pour lui, cette minute de silence « serait un geste humain et un symbole digne pour dire que la violence et la terreur n’ont pas de place dans les Jeux olympiques ».

 




Au cours des Jeux olympiques, des terroristes palestiniens ont pris 9 otages, des athèles israéliens. Ultimatums, négaciations, manoeuvres stratégiques des autorités allemandes: un grand suspens régnait durant toute la journée du 5 septembre 1972.


Le boycott des Jeux olympiques



"Devons-nous boycotter les Jeux olympiques ?" Le président Carter fait appel aux différentes nations du monde afin de boycotter les Jeux olympiques de Moscou. L'Armée rouge ne voulant pas se retirer de l'Afghanistan, plus de 60 pays n'ont pas participé aux Jeux de 1980.

En 1980, les États-Unis décident de boycotter les Jeux olympiques en URSS. L’Armée Rouge entrée en Afghanistan, le président Carter refuse de participer aux Jeux. De ce fait, le chancelier allemand Helmut Schmidt annonce que l’Allemagne de l’Ouest ne sera pas elle non plus présente au rendez-vous sportif si l’URSS ne se retire pas d’Afghanistan. En tout 67 autres pays répondent à l'appel du boycott américain.

 

En 1984, pour les Jeux olympiques à Los Angeles, l'Union soviétique refuse à son tour de se présenter aux Jeux. Une quinzaine d'autres nations n'ont pas participé. A l'annonce du boycott, la délégation de l'Allemagne de l'Est se retire de la course.

 

En 2000, l’élection du pays d’accueil de l'événement sportif n’est pas une mince affaire : l’Allemagne et la Turquie sont toutes les deux en lice. De nombreux Allemands soutiennent ardemment la candidature de la Turquie et arborent des T-shirts exprimant leur faible enthousiasme pour le déroulement des Jeux en Allemagne. Le problème est vite résolu puisque l'Australie est choisie comme pays hôte.




"Berlin se réjouit de l'Olympia". Pour la candidature du pays d'accueil des Jeux olympiques 2000, partout l'on pouvait trouver des "gadjets" vantant Berlin.
(Photo: Montage Gazette de Berlin)



Les Jeux olympiques sont aussi en proie à de vives critiques : Denis Yücel rédacteur du quotidien de gauche « alternatif » Tageszeitung (TAZ), ne mâche pas ses mots concernant les Jeux :

 

« Le seul but des Jeux olympiques est l’embourgeoisement des quartiers ouvriers (Londres 2012), de légitimer les régimes totalitaires (Beijing 2008), de ruiner les économies (Athènes 2004), de vendre du Coca-Cola (Atlanta 1996), de créer la forteresse d’Europe (Barcelone 1992), d’essayer de nouvelles substances de dopage (Séoul 1988), de continuer la guerre par d’autres moyens (Moscou 1980 et L.A 1984), de faire évaluer l’Etat de surveillance (Munich 1972) et encore d’autres choses (Sydney 2000). »

 

« Les dénommées « Jeux Olympiques » sont justes des espaces publicitaires pour les entreprises multinationales comme --------- et ----------- (on ne va pas non plus leur rendre service en les citant gratuitement). »

 

« Le parcours de la flamme olympique est une invention Nazie, comme les autoroutes, la Guerre Eclaire et la fête des Mères. »

 

« Quelques sports ne sont même pas des sports : tirer, faire semblant de tuer des êtres vivants, n’a rien à voir avec du sport. A quoi ça sert de dresser des chevaux si c’est pour qu’ils deviennent des êtres sans volontés ? Et le beach-volley, est-il un sport ou une manière mal cachée de sexisme, une contrainte telle la Burqa mais à l’inverse ? »

 


La candidature de l’Allemagne : une chance de se rattraper ?

Après s’être vue refuser les Jeux olympiques d’hiver de 2018, Munich ne pensait pas déposer une deuxième candidature. Finalement, elle aurait peut-être une petite chance d’accueillir ceux de 2022. Et pour cause, les Etats-Unis, redoutables concurrents, abandonnent leur candidature et préfèrent s’imposer pour les Jeux d’été de 2024. Thomas Bach, président de la Fédération allemande des sports olympiques voit là « un signe important ».

 

« Après Munich en 1972, l’Allemagne doit se représenter comme la nation du sport et comme une nation de culture ouverte au monde », explique le président d’athlétisme Clemens Prokop, au magazine Stern. Pour Peter Frese, président des Associations allemandes de Judo, l’organisation des Jeux « serait un grand exploit pour l’ensemble du sport allemand. »

 

Pour le président de la Fédération allemande des sports olympiques, le groupe « nolympics » des Verts et le gouvernement de la Bavière, s’opposant tout deux aux Jeux, pourraient poser problème à l’organisation. Il faut du moins encore attendre une réponse positive de la part des fédérations sportives, des partenaires locaux ainsi que de la population munichoise et surtout du Comité international olympique (vote prévu en 2015 à Kuala Lumpur, Malaisie), avant de trop s’avancer. Le 1er septembre 2013, un nouveau président du Comité international olympique doit être élu, Thomas Bach se présente. Encore un moyen d'appuyer la candidature de Munich au cas où le soutien politique n'est pas suffisant.

Accueillir les Jeux olympiqes de 2022 pourrait être éventuellement une chance pour l’Allemagne de se racheter une conduite olympique.

 


Manon Lespes

Le 30.07.2012

 

Sur la candidature de Munich pour les JO de 2018, on peut lire aussi: www.lagazettedeberlin.de/6597.html ou encore www.lagazettedeberlin.de/checcandidaturemunichjo.html




(Photo: Singapore 2010 Youth Olympic Games)

La torche olympique : symbole de l’idéologie hitlérienne ?

 

Le secrétaire général de l’ONU fut le dernier relayeur de la torche olympique, présentée comme un héritage de la Grèce Antique, lors de la cérémonie des Jeux à Londres. Cependant Ban Ki-moon connait-il réellement l’origine de ce flambeau ?

 

L’ouvrage d’Arnd Krüger et de William Murray, The Nazi Olympics, raconte l’histoire des Jeux olympiques de Berlin en 1936. A l’origine, Hitler ne voulait pas accueillir les Jeux olympiques qu’il qualifiait « d’invention des Juifs et des Francs-maçons », mais il s'est laissé convaincre par le ministre Joseph Goebbels. Berlin fut alors l’hôte des Jeux, permettant ainsi de faire une démonstration de la grandeur du pouvoir nazi (Hitler prit le pouvoir en 1934). Une organisation des Jeux qui montre le niveau d’instrumentalisation du régime.

 

Un héritage pas si grec que ça :

 

Carl Diem, secrétaire général du comité d’organisation des Jeux, a soumis l’idée du relais de la torche dans différents pays à Joseph Goebbels. Ce dernier a alors exposé ce concept au chancelier. Hitler a directement adhéré à l’idée, liant ainsi symboliquement son régime aux empires de l’Antiquité. A cette époque, le régime nazi a tout fait pour faire croire que cette torche était un héritage gréco-romain, élevant ainsi la race aryenne à un certain plan.

 

«Commencer le relais en Grèce et le terminer environ 2.400 kilomètres plus loin, à Berlin, renforçait l’idée d’un héritage aryen entre l’ancien et le nouveau pouvoir. Cela faisait également allusion à la conception d’Hitler d’une progression naturelle et civilisationnelle entre l’empire grec, romain et allemand.» (Extrait de l’ouvrage The Nazi Olympics)

 

De nos jours le relais de cette torche n’a plus du tout la même signification, mais elle porte tout de même dans sa forme, le fondement de la propagande du régime hitlérien. Elle représente dans la cérémonie actuelle, l’union des nations participant aux Jeux olympiques.

 

M.L.

 








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