# #
Garagiste français à Berlin

imprimer   20.05.2013 
N°. 38Accueil / EmpfangAgendaDie Gazette Politique 2013Economie 2013Société 2013Culture 2013Lieux 2013Musique 2013Evènements 2013Médias-Com 2013Sport 2013Economie 2011Société 2011Photo de la semaineVos commentairesBlogsNos conseils BlogsSur nos blogs...Créez votre blog!L'équipeLa Gazette a 6 ans ! Qui sommes nous?Wer sind wir ?Who are we ?KTO мы ?Fixeur à Berlin ServicesL'Allemagne en françaisLaisser une annonceInfolettre & RSSPetites AnnoncesPublicité / WerbungAnnonceursLiens / LinksContactImpressumArchivesNos archivesChronique historique











Les injures échangées dans la sphère publique ne sont pas l’apanage des politiciens français. En Allemagne aussi, les noms d’oiseaux s’échangent avec vigueur. Mais avec quelques différences de taille…

 

 

Le dernier accrochage notable date de juin 2010. Les esprits s’échauffent alors suite au refus du leader des sociaux-chrétiens bavarois (CSU), Horst Seehofer, d’adopter la réforme de la santé proposée par le libéral Philipp Rösler (FDP), Ministre de la Santé. Vexé par cette rebuffade, le jeune Secrétaire d’État à la Santé, Daniel Bahr (FDP), reproche alors à M. Seehofer de se comporter tel une « Wildsau » (truie sauvage, laie). La surenchère guette ; Alexander Dobrindt, Secrétaire général de la CSU réplique sur le même ton et déplore cette « liberale gesundheitspolitische Gurkentruppe », autrement dit, cette troupe libérale de cornichons.

 

On peut d’ores et déjà noter que les termes employés ne sont pas les mêmes de part et d’autre du Rhin. Les romantiques du XIXème siècle, admirateurs de la nature, ont laissé leur empreinte, le registre champêtre et bucolique trouve sa place jusqu’au cœur de la vie politique allemande…




"Le voyageur au-dessus de la mer de brume" de Caspar David Friedrich, l'emblème du romantisme allemand par l'un des plus grands maîtres de ce courant artistique.

Mais au-delà des mots, ce sont les protagonistes qui changent : en France, la confrontation place le politique face au citoyen. A l'est du Rhin, la querelle s’amorce au sein même de la sphère gouvernementale et n’en sort pas. Spécificité du système politique allemand, le multipartisme mène la plupart du temps à la formation de coalitions gouvernementales qui deviennent le foyer de toutes les tensions. Or depuis la victoire de la coalition noir-jaune (CDU-CSU-FDP) en septembre 2009, cette tension n’a cessé de croître.

 

Par ailleurs, la relation entre les administrés et leurs élites politiques est sans doute moins douloureuse au sein de la République fédérale. On reconnaît ici quelques fondements du modèle socio-politique germanique, parmi lesquels l’aspiration au consensus plutôt qu’à la confrontation face aux citoyens.

 

 

Une escalade verbale peut en cacher d’autres




Joschka Fischer (Die Grünen) est un habitué des petites phrases assassines.
© Alexander Blum

Si cette estocade champêtre a fait couler beaucoup d’encre l’an passé, d’autres envolées plus lyriques ont marqué le parlementarisme germanique depuis 1945. A cette occasion, les plus célèbres répliques ont refait surface. Ainsi, parmi les récidivistes siège Joschka Fischer (Les Verts), ancien Vice-Chancelier sous le gouvernement Schröder, qui fustige déjà en 1988 le Vice-Président du Bundestag par ces mots : "Sauf votre respect, Monsieur le Président, vous êtes un trou du cul" (Mit Verlaub, Herr Präsident, Sie sind ein Arschloch.).

 

Alors que M. Fischer dut s’excuser de ce propos sans doute trop franc, certains parlementaires se sont rendus célèbres par leur rhétorique et leur habileté à allier humour, persuasion et raillerie imparable, jouant tantôt du physique de leur victime, tantôt de leur nom. Aujourd’hui encore, le social-démocrate Herbert Wehner (SPD) reste le maître de la moquerie tant ses jeux de mots sont fameux. Et pour cause, avec près d’une soixantaine de rappels à l’ordre et même une exclusion des sessions parlementaires pendant dix jours pour mauvais comportement, ce trublion, décédé en 1990, détient le record du nombre de blâmes dispensés au Bundestag. Le souvenir du passé laisse toutefois l’historien et publiciste controversé Arnulf Bahring sur sa faim. Il constate pour le quotidien Die Welt une "baisse du niveau des insultes" ces dernières années. L’injure agressive met progressivement fin à l’éloquence du siècle dernier.




Herbert Wehner (SPD) est sans doute le député à la verve la plus développée, ce qui lui a valu le record du nombre d'exclusions du Bundestag.
© Bundesarchiv


Quoiqu’il en soit, il n’est pas évident de restituer ces paroles tant la traduction de ces outrages rhétoriques est délicate, on touche là aux spécificités culturelles propre à chaque langue. La culture germanique nous propose toutefois une originalité supplémentaire, le « Politischer Aschermittwoch ».


S’injurier ? Une fois par an seulement

 

Le « mercredi des cendres » n’est donc pas seulement religieux en Allemagne, il est aussi politique. Issu de la tradition du carnaval, cette curiosité (politique) prend racine au XIXème siècle en Bavière. Le but est simple : les différents partis politiques se réunissent autour de leurs militants et profitent de ce moment pour tourner en dérision leurs opposants. Après une interruption durant la seconde guerre mondiale, le Politischer Aschermittwoch, dans sa version actuelle, est relancé en Bavière par la CSU et reste fortement marqué par la figure de Franz Josef Strauß, leader historique des sociaux-chrétiens. Progressivement, ces kermesses populaires se sont étendues aux autres Länder. De La Gauche (Die Linke) aux chrétiens-démocrates (CDU), les principaux partis politiques du pays organisent désormais leur propre Politischer Aschermittwoch.




Affiche du "Politischer Aschermittwoch" organisé par Die Linke (2011)

Cette entreprise d’offensive politique permet de réunifier partisans et dirigeants de chacun des mouvements dans la bonne humeur, tout en permettant de définir une ligne politique claire : l’opposant est cité et discrédité sans détour ; à chaque fois, le message politique est sans équivoque, à cette idée s’en tiendront les militants.

 

Cette tradition est remarquable à deux points de vue. Elle fait d’abord appel à l’instinct grégaire qui réunifie le groupe face à « l’ennemi commun », ici les opposants politiques. La cohésion entre militants et dirigeants en sort renforcée. Mais si la méthode employée peut-être discutable, cet épisode de la vie politique est essentiel au bon déroulement de la société allemande. Bâti sur le modèle du carnaval, le « politischer Aschermittwoch » fait office de « soupape » au monde politique et permet à tous de s’abandonner une fois par an. Comme le confirme le quotidien communiste Neues Deutschland, le temps d’un jour, « la diplomatie cesse et les joutes verbales règnent ». Mais c’est peut-être en oubliant politesse et savoir-vivre un jour durant que l’on peut tenter de maintenir un dialogue sain le reste de l’année.

 

En définitive, cette coutume de l’exutoire institutionnalisé est bénéfique et permet d’apaiser les tensions. Faut-il alors s’étonner du caractère moins emporté des élus allemands en comparaison de leurs collègues français ?

 

 

Oeufs, tomates... La nature est une arme !

 

Rassurez-vous tout de même, alors que la Société de la langue allemande (GfdS), peu ou prou l’équivalent de l’Académie Française, a élu le terme « Wutbürger », autrement dit « citoyen en colère », comme mot de l’année 2010, les politiques ne s’en tirent pas indéfiniment sans égratignures. C’est sous une pluie d’œufs et de tomates qu’est accueilli le même Alexander Dobrindt le 29 juillet dernier à Munich – celui-là même qui avait lancé les "cornichons" à l'attention du parti libéral.

 

Mais ce n'est pas le seul à connaître ce sort. Parmi les victimes les plus célèbres de lancers d'oeufs figure Helmut Kohl. Attaqué de toute part lors d'une visite à Halle le 10 mai 1991, la réaction du Chancelier est impressionnante : celui-ci, en furie, se retourne littéralement contre la foule. Heureusement que ses gardes du corps le maîtrisent, sans quoi les "lanceurs" auraient sans doute passé un sale quart d'heure...

 



Près de vingt ans plus tard, Christian Wulff subit le même sort. Lors d'une visite en Hesse en avril 2011, le Président de la République fédérale est accueilli par une pluie d'oeufs. Le lanceur est un récidiviste, il s'en était déjà pris à son prédécesseur, Horst Köhler, quelques années auparavant. Mais en vingt ans, la réaction s'est apaisée, Christian Wulff prend la chose avec philosophie : "Je souhaite avoir un contact avec les citoyens. Ceci présuppose qu'on soit touché de temps à autres par un oeuf." L'une des grandes phrases de son mandat.

 

 

Quoi qu'il en soit, l'oeuf est donc un grand classique des relations citoyens-politiciens à l'est du Rhin. Tomates, cochons, cornichons : le rapport à la nature, n'est-ce pas ?

 

 

Alban Genty

12 septembre 2011

 

 

Pour connaître la situation française, n'hésitez pas à consulter l'article suivant : "Ich bin Politiker, ich darf das."








resultats entre 1 et 2 de 2
 

léa /// Donnerstag, 15-09-11 16:24

les Allemands manquent quand même d'imagination pour les insulte.

La première fois que je me suis fait traité en vélo de "Dume Kuh" (vache bête) j'ai halluciné!

sinon y a bien sûr les Arschloch (trou du cul)a tout bout de champ, mais ça manque de diversité puis c'est crade...

 

steph /// Mittwoch, 14-09-11 01:24

Chère Gazette,

force est de constater que vous avez un certain talent pour les titre!

 
 

Ins Gästebuch eintragen

 

Image CAPTCHA pour prévenir l'utilisation abusive
 
 

La Gazette sur les réseaux sociaux : "déjà plus de 7500 "j'aime" qui suivent l'actu de La Gazette sur Facebook et plus de 2200 sur Twitter" "déjà plus de 7500 "j'aime" qui suivent l'actu de La Gazette sur Facebook et plus de 2200 sur Twitter"

Google
Web La Gazette
Blogs Facebook

Garagiste français à Berlin


Prix d'honneur Louise Weiss du journalisme européen.




Jean-Patrick REVEL, avocat bilingue franco-allemand.
Rechtsanwalt – Fachanwalt f. Familienrecht
Beer, Gastl & Partner
Schloßstraße 17
13467 Berlin
Tel. +49 (0)30 810 335 620
www.ra-revel.de

Faites votre pub ici!

Auberges de Jeunesse à Berlin



KOCH KARIMI
Cabinet d’avocats franco-allemand
(Berlin – Paris)
Rechtsanwälte, in Deutschland und Frankreich zugelassen

MEDIATIS
Faire un crédit pour financer ses études à l'étranger

JOBISJOB
Toutes les offres d’emploi à Berlin et partout en Europe





LEO - Dictionnaire