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 illustration: Victor Coste
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Traditionnellement en France, ce sont les cloches qui sèment les œufs dans nos jardins pour Pâques à leur retour de Rome. Mais il faut croire qu’en Allemagne, les lapins pondent eux aussi.

À l’origine, Pâques était la période où l’on célébrait le retour du printemps, mais aussi cette fête était destinée à honorer la déesse de la fécondité Eastre chez les Saxons. Ainsi le lièvre, fidèle compagnon de la divinité et animal emblématique est resté associé aux fêtes de Pâques. De la même manière que les œufs représentent la germination et le renouveau.
Certains parlent d’une théorie élaborée par le Dr Georg Franck von Franckenau qui aurait écrit un essai en 1682 expliquant que : « En Alsace et dans les régions voisines, les œufs sont appelés œufs de lapin car, selon la légende, les simples d’esprit et les enfants pensent que le Lapin Blanc dépose et cache les œufs dans les jardins de manière à ce qu’ils les trouvent avec encore plus d’enthousiasme. Pour le plus grand bonheur des adultes. »
Pourtant, pendant des siècles le lapin n’avait aucun lien avec la fête de Pâques. Ce sont les protestants qui ont introduit en premier cet animal en tant que fournisseur d’œufs. Mais de cette manière, ils voulaient surtout se distancer des catholiques en rejetant la consécration de l’œuf et la tradition du carnaval. Puis par la suite, ils se sont mis à s’offrir des cadeaux à cette occasion. Et pour dissimuler cette invention, ils se sont également mis à cacher des œufs.

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 Illustration : Victor Coste
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Cela dit le lapin n’a pas toujours été le seul responsable, le coq apportait lui aussi des œufs. En Suisse c’était le coucou, en Westfalie le renard et en Thuringe la cigogne. Au XXème siècle, le lapin est devenu un plat traditionnel puis on l’a représenté en chocolat ou en gâteau. Au fil du temps il a remplacé l’agneau, mais aujourd’hui encore certaines boulangeries font des agneaux en chocolat ou en brioche. On suspend aussi traditionnellement des œufs colorés aux arbres appelés Osterbaum.
Cela dit, on n’enlèvera pas le lièvre de la tradition allemande pour Pâques. Ce symbole de fertilité et de dynamisme ferait presque passer le voisin français, pour une cloche.
Chloé Riegler
Le 6.04.2012